Si vous me cherchez, je suis ici !Par Flo :: 28/01/2012 à 15:06
Les pirates, spams et pollueurs en tout genre... L'encre de ma plume un peu sèche et ma gomme plus suffisamment tendre... Les envies d'y croire et puis la vie, la vraie !
Tout cela m'amène à vous dire que désormais si vous me cherchez, je suis ici http://flocva.wordpress.com/, et que pour éviter toutes publicités mensongères : Non, je ne suis pas Wonderwoman ! Le complexe de l'AmazonePar Flo :: 13/06/2011 à 20:55
Voilà plusieurs minutes que Joséphine ventile la bonne parole comme elle seule sait le faire. Les non-initiés pourraient croire qu’elle brasse du vent. Les habitués savent bien que la jeune femme ne sait s’exprimer qu’en vivant chacune de ses paroles, chacun de ses mots. Alors, elle mouline, elle gesticule, elle déambule, elle adopte des mimiques qui la rendent parfois délicieuse, parfois terrifiante, mais ce qui est certain c’est qu’elle prêche, ses vérités en bandoulière, convaincue que c’est l’univers tout entier qu’elle doit convaincre ou au moins convertir à ce qui lui a malheureusement échappé. Ce soir, elle a décidé de revenir aux bons vieux basiques… « Ecoute Clara, tu ne me comprends pas parce que tu ne fais pas l’effort de comprendre, c’est aussi simple que cela. Je vais reprendre ma démonstration spécialement pour toi, et parce que tu es mon amie. « Mais Joséphine, comment peux-tu cultiver cette vision du monde, c’est simpliste pour ne pas dire réducteur. Je ne sais dire si je trouve cela navrant ou écœurant. Je sais simplement que cela me dérange. Oui, cela me dérange vraiment ! » « Et pourquoi cela ? Parce que l’idée que l’on puisse te confondre avec un primate te défrise. Rassure-toi Clara, tu es bien plus jolie qu’une guenon. Mais je comprends que tes instincts t’interdisent d’adhérer à ma démonstration. Je vais donc l’étayer de quelques exemples triés sur le volet, tu apprécieras. « Joséphine, je voudrais te dire deux choses et je voudrais pour une fois que tu prennes le temps de m’écouter. La première, c’est que je suis toujours admirative de ta capacité à exprimer des tas d’idées qui n’ont pour seule vertu que de te protéger. Un jour, un jour prochain, tu exprimeras à ton tour comme je l’ai fait celle que tu es, ta sensibilité, ta peur, tes joies, tes peines, ton amour même sans trembler. Ce jour prochain, parce que je suis moi aussi ton amie, je serai là pour t’écouter me raconter ta nouvelle vérité, celle que tu crains tellement fort que tu dépenses une énergie incroyable à écarter. Je serai là oui, et je te sourirai parce que c’est la seule chose que tu mériteras après toutes ces années et ces conversations enflammées, un sourire et peut-être un baiser. L'allégorie de la caverne....ou plus !Par Flo :: 13/05/2011 à 7:42
C’était une de ces journées bénies des Dieux. Je viens de larguer mes chérubins à un truc exceptionnel qui s’appelle « goûter d’anniversaire », et je me retrouve à la tête de pas moins de 3 heures de temps libre durant lesquelles je peux faire exactement ce que je veux, MOI ! Je sais que cela peut paraître un peu ridicule pour celles et ceux qui ne connaissent pas le concept du « parent qui travaille », mais croyez-en mon expérience, 3 heures de temps libre pour moi, c’est carrément le nirvana. Bref, après 10 minutes passées au volant de ma voiture à me poignarder le cerveau pour savoir comment optimiser au maximum ma récréation, je décide de filer visiter l’atelier d’une jeune styliste que je m’étais promis de découvrir « dès que j’aurai le temps ». Cette boutique se révèle être un piège comme je les aime, le genre de caverne d’Ali Baba où tous les articles s’appellent « envie ». Alors, après quelques brefs échanges avec moi-même, je finis par rentrer dans une cabine avec des envies plein les bras, c’est décidé aujourd’hui je n’ai aucune morale ! J’enfile, je sors, je tourne devant la glace, devant, derrière, j’interroge la vendeuse sur des questions cruciales « c’est pas trop court ? », « c’est bien cette couleur ? », « c’est pas un peu près du corps ? », sans oublier l’ultime question « cela ne me fait pas des grosses fesses ? » …Bref, cet après-midi j’ai décidé d’être une fille et Dieu sait que je ne fais pas semblant ! Après une demi-heure d’essayage (bah oui, quand on aime, on ne compte pas !), je me retrouve avec des envies plein la tête et une voix dans la tête qui ressemble étrangement à celle de mon banquier qui m’explique : - Tout ceci n’est pas raisonnable, il va falloir faire des choix ! - Des choix ? Dis donc le banquier, depuis quand tu bosses le samedi après-midi ? Va tondre ta pelouse et laisse moi gérer mes dossiers, enfin je veux dire « mes envies » C’est à cet instant que la vendeuse m’a expliqué une chose essentielle qui m’avait échappé jusqu’à présent. - C’est super d’être grande, mais j’imagine que cela ne doit pas être évident de choisir, on dirait que tout ces vêtements ont été crées pour vous… Moi, cette robe, du haut de mon mètre 65, j’ai l’air d’un sac avec… EUREKA ! Voilà pourquoi je suis une accroc du shopping qui éprouve tant de difficultés à faire des choix dans les magasins : c’est parce que je suis (trop) grande ! Vous admettrez que c’est un paramètre que je ne maîtrise pas, et que par conséquent c’est indépendamment de ma volonté que je suis dans l’obligation de dire OUI à toutes ces envies qui me tendent les bras ! En résumé : ce n’est pas ma faute ! J’adore ce concept, même si je suis moins certaine que mon banquier-jardinier va adhérer… Me voilà donc à la caisse en train de savourer l’instant et d’imaginer avec quoi je vais marier ce pantalon, cette robe et puis ce top en mousseline complètement hallucinant… C’est à cet instant que je tombe sur un flyer qui traînait sur le comptoir et qui vantait les mérites d’un blog, un blog de filles, un blog de filles qui habitent à deux pas de chez moi. Je me saisis du bout de papier que je glisse dans mon sac en me promettant d’aller y jeter un œil asap….et c’est ce que j’ai fait ! Le soir même, je me suis décidée à cliquer et là, j’ai vécu un douloureux moment de prise de contact avec la réalité. J’ai lu en long, en large et en travers chacun de ses billets, les portraits de ses amis, les vieux marronniers, j’ai même lu les commentaires et j’en suis arrivée à l’évidence suivante : cette fille est drôle ! Parce que j’ai souri, et puis j’ai ri aussi, bref j’ai passé un bon moment, un moment divertissant. Tellement divertissant qu’un lourd constat m’a sauté à la figure : je suis devenue une emmerdeuse première classe, une cyber casse-couille, une casse-pied 2.0, une blogodépressive à la petite semaine… OH MY GOD ! J’ignore comment tout cela a commencé. Enfin disons plutôt que j’ai quelques doutes sur le sujet mais que je n’éprouve pas le besoin de convoquer les Experts Manhattan pour m’aider à confirmer mes soupçons. Utilité de la démarche = 0 ! Alors, j’ai décidé de m’adresser à moi-même en me secouant les branches tel un vieux cerisier : - Dis donc Flo, t’en as pas marre de souler la planète (j’adore croire que mon blog est consulté par toute la planète = vieux fantasme mégalo !) avec des questions sans réponse, tes constats sans effet, tes lectures qui n’intéressent que toi, tes doutes qui ne te font plus vraiment avancer, tes larmes qui ne veulent plus sécher, tes cris dans la nuit qui réveille toute la maisonnée….Tu nous fais chier ! Bah oui, il faut dire que quand je m’adresse à moi-même, je n’y vais pas par le dos de la cuillère. Mais attention, que cela ne vous serve pas d’exemples, ce que j’accepte de moi, je ne l’autorise pas forcément aux autres (pas folle !)… Poursuivons ce passionnant débat : - Il fut un temps où t’étais drôle, t’étais pétillante comme un paquet de Frizzy-Pazzy versé dans une coupe de Ruinart, t’étais pleine de vie, certains disaient même que tu étais « rayonnante », que t’avais la positive attitude comme Lorie... Aujourd’hui, t’es juste un grand corps avec les poings serrés et le cerveau fatigué. Remue-toi bordel ! Tout ceci est malheureusement vrai ! J’ai perdu mes étincelles dans les vestiaires de mon club de gym et depuis je n’arrive plus à les retrouver. OK, ceci est une vision de mon esprit malade, car je n’ai pas de club de gym, mais bon vous m’avez compris… Alors que faire ? D’abord, je me suis tapée une barre Kinder que j’ai sournoisement volé à mes fils. La nuit va être longue et il me faut de l’énergie pour bâtir un plan de bataille à la hauteur de mes ambitions. Ensuite, j’ai décidé quelques réformes de mon règlement intérieur :
1. si j’ai le droit de me retourner le cerveau de temps en temps, je devrai désormais le faire incognito au fond du jardin derrière le grand chêne. Le spleen n’a pas forcément vocation à être partagé avec la planète (cf commentaire ci-dessus sur la planète J )
2. si j’ai le droit de lire des livres pour satisfaire mon cortex, je garderai mes conclusions pour moi-même et désormais je n’évoquerai en public que mes nouveaux livres de chevet que sont Marc Levy et Laurence Pernoud (oh putain, je sens qu’on va se marrer !) ou si je suis à bout, Tistou les pouces verts que je tente de faire apprécier à mon aîné sans remporter pour l’heure grand succès, il faut bien l’avouer. Pourtant Tistou, merde, c’est de la vraie littérature !
3. si j’ai envie de me planquer dans ma caverne, je me souviendrai qu’elle n’a ni l’air conditionnée, ni un bon canapé, ni même un lecteur DVD ou un crouton de pain à grignoter…Bref, c’est un endroit sans intérêt, inutile de s’y attarder !
4. si j’ai le sourire en berne, je me souviendrai qu’il est désormais établi qu'à 33 ans, je suis victime de la ride du lion et qu’un visage est toujours plus joli équipé d’un sourire, alors inutile de se priver !
5. si je rechute, je me souviendrai de ce vieux proverbe qui dit : « quand t’es au fond du trou, inutile de creuser ! »
6. si tout cela ne suffit pas, je me rappellerai que ma vie n’est pas si "terrible" que cela, bien au contraire et que comme dirait Saint Augustin : « le bonheur, c’est continuer à apprécier ce que l’on possède déjà ! »
7. Au pire, tu retournes dans cette boutique et tu fais la nique à ton banquier, voilà ! Ceci est évidemment le dernier recours, le truc à n’utiliser qu’en cas d’extrême urgence….(Mais oui, compte sur moi…. Parfois, je suis vraiment naïve avec moi-même… !) Tout cela pour vous dire que je vais bien, que je souris et que j’espère que vous aussi… Lettre à Gicerilla ou la tentation de l’idéalismePar Flo :: 03/05/2011 à 6:49
Chère Gicerilla, Depuis que j’ai pris connaissance de votre dernier commentaire, je n’ai de cesse de me demander quelle suite y donner. Alors, comme vous avez gentiment répondu à mon défi sur la thème de la "fatalité", je prends la liberté de m’adresser directement à vous par l’intermédiaire de mon blog pour vous rapporter une expérience récente qui m’invite à croire que donner sa chance au produit n’est pas forcément un leurre comme vous l'évoquez, car le leurre finalement c’est peut-être nous qui le cultivons. Je m’explique. Tout commence il y a quelques jours à peine alors qu’une amie quadragénaire me proclame aux détours d’une conversation que je suis (oui, moi !) « un attentat à la fête du slip, une véritable provocation ! ». Certes, ce genre de remarques flatte l’ego et je ne vous cache pas que je m’en suis rapidement vantée auprès de mes copines. Mais, passez ce moment d’euphorie, je me suis rapidement demandée ce qui pouvait expliquer le delta, le fossé, l’abime même parfois qu’il pouvait exister entre l’image que l’on avait de soi et celle que les autres perçoivent de vous. Car pour tout vous dire, je confirme rarement à mon miroir que je suis un attentat à quoique ce soit… De fil en idées, je finis par me dire que mon métier d’abord, mais aussi mon histoire et enfin l’imaginaire que je cultive notamment au travers de ce blog ou de mes trop nombreuses lectures altèrent mon jugement, ma vision du monde. Dans mon métier, je m’attache à montrer les gens sous leur meilleur profil : je coupe, je réécris, je gomme, je retouche…Bref, j’utilise mille artifices pour rendre le réel concis, pertinent, intéressant, dynamique, parfait…Et je dois dire qu’avec le recul des années, l’expérience et la technologie font des merveilles ! Il en est de même pour l’acte d’écrire. Pourquoi prendre autant de plaisir à réécrire la vie, revivre des scènes qui ont été vécues en leur donnant un je ne sais quoi d’inoubliable ou de magique, d’en inventer d’autres dans lesquelles on aimerait se projeter… ? Je crois aujourd’hui que nous sommes victimes de la tentation de l’idéalisme, et qu’en bonne maîtresse des lieux que nous sommes, il est toujours plus commode d’avoir la main et d’écrire ou d’inventer les événements. Ne sont-ils pas plus jolis parce que conformes à nos aspirations ? Et puis, qui pourrait venir nous menacer dans notre monde imaginaire ? Le problème pour moi reste sans doute qu’à force de cultiver ce goût ou ce talent, nous nous rendons je le crois de plus en plus exigeant vis à vis du reste du monde. Il devient parfois/souvent difficile d’accepter la médiocrité, la simplicité, l’absence de chevalerie, de romanesque, d’accepter la vie et les gens tels qu’ils sont finalement. Alors oui, je suis une adepte du « toujours plus », du « encore mieux », de la recherche du progrès ou de l’idéal, mais il faut être honnête et parfois constater qu’écrire le monde à notre façon rend parfois la réalité bien fade et qu’effectivement, elle nous empêche de donner vraiment « sa chance au produit » car les dés sont pipés, vous ne croyez-pas ? Je vous confie une autre conclusion du bilan déjà évoqué avec vous : « Vous vous tournez vers tout ce qui peut vous procurer un sentiment de bonheur et de bien-être. Inconsciemment, vous cherchez en fait à éviter à tout prix la souffrance, à ne pas vivre de choses désagréables. Vous avez ainsi développé un certain nombre de stratégies inconscientes, d'habitudes de l'esprit que vous mettez donc en œuvre sans vous en rendre compte, ou sans réaliser qu'elles vous sont propres : un tempo rapide dans vos réflexions, la prédominance de votre imaginaire et de vos rêves, une orientation naturelle vers le future, un comportement souvent excessif, une attention tournée vers le positif, un besoin de dominer… » Je ne vous connais qu'à travers vos mots et je ne dispose d’aucun diplôme en psychologie, mais je crois sincèrement que nos mécanismes internes, notre façon très personnelle d’appréhender la vie, le monde, les gens nous empêchent le plus souvent d’accepter le moindre faux-pas, la moindre incartade, la moindre ombre au tableau. Alors, je ne suis pas en train de vous expliquer qu’il serait utile de changer, et d’apprendre à être moins exigeant car personnellement je n’y crois pas. Mais, disons que comme formuler correctement un problème esquisse le début d’une solution, je crois qu’être conscient de cela peut nous aider, au moins un peu, à accepter le monde tel qu’il est, à baisser la garde de temps en temps, et à croire qu’il est de notre devoir de le rendre meilleur en le tirant simplement, s’il le souhaite, vers nos étoiles…en y mettant du talent et du coeur !
Idéalement,
Flo P.S : Si vous êtes réceptives à mes propos, je vous invite à lire un livre glissé gentiment dans mon sac de voyage. Le produit en question s’appelle Markus ! La délicatesse de David Foenkinos
Sens’timentsPar Flo :: 23/04/2011 à 22:45
La vie a décidé d’être bavarde avec moi en ce moment. Elle me raconte chaque jour une nouvelle histoire, une brève, une nouvelle à laquelle je porte plus ou moins d’attention. Et puis, il y a quelques jours à peine, je me décide à prêter une oreille attentive quand une jeune femme me parle d’un homme et d’une femme. Il est question d’une rencontre, d’une improbable rencontre et puis de sentiments partagés. Elle me parle aussi du regard de l’autre, de l’alchimie, de l’intimité, des difficultés et puis de l’avenir, de la suite à donner. J’ignorais que cette histoire allait me bousculer. Honnêtement, si je l’avais su, je crois que je me serais levée avant de filer. Je ne sais pas ce que la vie cherchait à m’expliquer, mais si l’objectif était de me serrer à la gorge, vous pouvez lui dire qu’elle a gagné ! Mon cœur s’appelle Hiroshima, ma tête Nagazaki… Mais voilà, j’étais coincée sur mon canapé. Alors, pour endurer chaque mot, chaque détail, chaque idée, je me suis mise à picoler. Et me voilà pauvre victime du syndrome Sue Ellen… Je n’ai visiblement pas assez bu puisque je comprenais toujours ce qu’elle me racontait, malheureusement. Alors, je me suis enfuie à ma façon, enfuie dans mes pensées. Mon esprit me répétait : pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi cet homme, ce mou du genou, ce super gland ne peut-il pas rester un mou du genou, un super gland ? C’est injuste et ça vous donne le sentiment d’être plus minable qu'après quelques tournées de caipirinhas. Alors bien sûr, je commence à avoir un peu de recul sur la vie et je sais qu’un jour j’envisagerai cette histoire autrement, plus simplement. Mais depuis ce soir-là, je me sens vide, dépouillée de tout ce en quoi je croyais, vide de sens, et pleine de sens interdit. Et puis, il y a eu cette rencontre. Un homme prénommé Jean d’Ormesson et les quelques mots qu'il me laissa en dépôt. "Nous menons une existence faite de rencontres et où règne le hasard. Le plus souvent nous naviguons à vue. A la question "Qu'avez-vous fait de votre vie ?", il n'est pas aisé de répondre. Nous essayons malgré tout de trouver dans notre parcours un semblant de cohérence, fût-ce dans le désordre et dans le refus. Les hommes ont besoin de sens comme ils ont besoin d'eau, de lumière et d'air." D’eau, de lumière et d’air… Les routes de l'idéalPar Flo :: 18/04/2011 à 22:26
Vendredi Lui, c’est Benoît. Benoît aime la vie. La vie aime Benoît. Remarquable et discret, patient et curieux, grand amateur du regard « tu crois pas que t’abuses là franchement », souriant et amusant, magicien de l’instant, joli garçon, pétillant comme un verre de Fanta citron. Benoît, c’est mon pote à moi. Attablés autour de deux magnifiques assiettes qui flairent bon la « fashionitas proteinas », on parle, on se raconte, rien et puis tout. Tout vraiment ? Oui, tout ou presque ! Mais Benoît n’est pas dans son assiette aujourd’hui. Lui si naturellement heureux, il ne me sert que des sourires manqués pour accompagner mon steak grillé. Voilà à peu de choses près comment les choses se sont passées. Lui : « J’ai pris un verre avec Florine hier soir. » Florine, c’est cette fille brune magnifique qui me ferait craquée moi aussi si les doubles X m’intéressaient. Florine, c’est son coup de cœur, celui qui ne lui arrive pas très souvent finalement et c’est pas faute d’essayer pourtant. Florine, c’est son petit rêve à lui, celle qui lui donne l’air d’avoir 12 ans à bientôt 33 printemps. Moi : « Cool ! Et qu’est-ce qui s’est passé ? » Là je dois dire que ma réaction est nulle. Pourquoi feindre l’emballement alors qu’il est écrit sur son visage que l’histoire s’est mal passée ? Lui : « Comme d’habitude, on a parlé, on a ri beaucoup, et puis on s’est quittés comme à chaque fois avec un nœud à l’estomac. Sauf que cette fois, c’était différent. Quelques minutes plus tard, j’ai reçu un texto dans lequel elle me confiait qu’elle n’avait pas osé me dire de vive voix qu’elle était déjà avec quelqu’un. Et ce quelqu’un, ce n’est pas moi ! » Moi : « Merde ! C’est que c’était pas le moment, mais cela ne veut pas dire que ce moment n’arrivera pas. Dans la vie, il faut savoir endurer, être endurant, tu comprends ?! Et Justine au fait ? » Justine, c’est cette fille blonde avec qui il partage des moments de vie depuis plusieurs mois sans s’engager vraiment. Instants volés, plaisirs partagés, accord tacite entre deux presque-étrangers. Lui : « Justine ? Justine m’appelle chaque jour. Elle veut que les choses avancent. Je crois qu’elle veut que nous soyons ensemble, mais moi je ne sais pas. Enfin si, je sais. C’était pas ce que nous avions convenu, ce qui fonctionne entre nous depuis le début c’est que l’on ne s’engage pas. On prend. On vit, et c’est simple comme cela. Cela me gave en fait, j’ai pas envie de cela. » Moi : « Ecoute, accorde-toi une journée de spleen, tu l’as bien méritée. Rentre chez toi, mange de la glace devant un DVD et demain tu oublies tout cela et tu rencontres la femme de ta vie dans un endroit sympa… » Lui (il sourit) : « T’as sans doute raison, mais là j’ai pas envie. Avec Florine, y’avait vraiment un truc, j’avais vraiment envie d’essayer….(soupir) Fais chier ! » C’est sur ces derniers mots que nous nous sommes quittés. Sa mélancolie était contagieuse, et me voilà contaminée, encore… Lundi Moi : « Allo, c’est moi ! Alors comment s’est passé ton week-end ? T’es sorti un peu ? » Lui : « J’étais chaud patate, je suis sortie samedi dans la vieille ville. J’ai croisé Pierre et Edouard, et puis Justine aussi… » Moi : « Ah Justine ! Et alors pas trop compliqué ? » Lui : « Non, c’était cool. Elle m’a dit une chose qui m’a vachement touché. Elle m’a dit qu’avec moi les choses étaient toujours simples et que c’est ce qui lui plaisait. Elle a raison. Tu comprends, elle a parfaitement raison, alors j’ai envie d’essayer. Vendredi, je vais à une soirée avec ses amis et samedi, je vais l’aider à déménager avec son père et son frère… » Moi : « Ah, c’est chouette dis donc... T’as raison de te lancer… » Et puis, j’ai fini par raccrocher. Vie'olencePar Flo :: 03/04/2011 à 23:31
Dans toute la maison se répandaient inlassablement quelques notes de Bashung. Elle, c’est Claire. Claire est une jeune femme d’1m65 environ, harmonieuse pour ne pas dire jolie, fine, blonde, fan des Sex Pistols et de chocolat, pigiste, tabagiste compulsive, avec un sourire capable de faire tourner mille têtes et un regard délavé. Claire est née « amoureuse de la vie », de celles qui embaument votre existence de mille parfums. Bien sûr, la rumeur se répandit comme une trainée de poudre et bientôt Claire devint dans « l’intelligence » collective de son quartier l’Allumeuse, l’Aguicheuse, l’Affoleuse, la Frôleuse, la Joueuse… Les années passèrent. Alors que Claire s’apprêtait à fêter ses 36 ans, elle tomba un jour nez à nez avec son visage devant la glace, et qu’elle ne fut pas sa surprise de constater que le temps avait passé, que des sillons sous ses yeux s’étaient creusés. Pourtant elle avait beau chercher : son homme, elle n’avait toujours pas trouvé. Le soir même, alors qu’elle sortait avec quelques amies, elle tomba sur un type gigantesque au visage fermé. Thomas qu’il s’appelait. Est-ce son reflet dans le miroir qui l’a à ce point angoissé ? Nul ne le sait. Mais il aura fallu à Claire quelques minutes à peine pour se jeter au cou de ce Thomas, qui par l’opération du Saint Esprit, était devenu l’homme qu’elle avait attendu toute sa vie. Thomas était un être qui déguisait ses silences prolongés en les faisant passer pour un mystère à percer. Thomas était du genre plein de colère et de ressentiments envers la vie, qui n’avait aucune gêne à en faire profiter la petite Claire, parce qu’après tout, il l’aimait, il lui avait bien dit une fois, un soir, et quand on aime, on peut bien tout partager, pas vrai ? Les mois passèrent. Claire n’était pas heureuse. Thomas ne l’avait jamais été. Mais Claire à force d’essayer de lui apprendre le bonheur avait cessé de pétiller. Claire n’aimait plus vraiment la vie. Elle pensait qu’elle aimait Thomas, et son quotidien avec lui. Elle le pensait tellement fort, qu’elle avait même fini par accepter le déraisonnable, l’inacceptable, des traces de ses mains sur lui. Car Thomas était violent, il était là son mystère finalement. La première fois, c’était un accident. La seconde, il avait trop bu et cela ne se reproduirait plus. Bien sûr, il avait menti. Claire prit alors son destin en main et décida d’acheter des lunettes de soleil hublots, des foulards ethniques aux mille couleurs, du fond de teint trompe l’œil et un nouveau parfum au triste nom d’I love you… Ce putain d’amour qui excuse tout ou presque. Et Bashung demandait : « Je t’ai manqué ? … Pourquoi tu me visais ? » Full optionsPar Flo :: 27/02/2011 à 21:14
Comment je me suis retrouvée là ? Bonne question. Je crois que j’ai ouvert les yeux un matin avec l’envie ou le besoin d’écrire une parenthèse sur ma ligne de vie. Et me voilà en train d'expliquer devant un feu de bois, pourquoi j'aime tant rouler vite, pourquoi je ne supporte plus les paysages ou la simple idée de les regarder. De toute façon, je finirai bien par tomber en panne d'essence, et là je m'arrêterai. En attendant, je roule, cela m'évite de penser. Je tiens la note quelques minutes et lui m'écoute tranquillement. Lui, il est anglais et je dois dire que c'est la seule chose que je connais de lui ou presque. Ses yeux me rassurent en m'expliquant qu'ils ont une dizaine de printemps de plus que moi. Sa peau, tannée par le vent, laisse apparaître une barbe naissante et grisonnante. Il profite d'un de mes rares moments de silence pour se relever doucement, et me proposer d'aller faire quelques pas dehors pour admirer le paysage justement ! Spontanément, je le soupçonne de se moquer de moi et j'avoue que j'aime cela. Je me lève à mon tour et nous voilà déambulant dans la pampa. Il ne parle pas. J'ai envie de lui expliquer que j'ai un problème de fond avec le silence, qu'il me fait peur, qu'il me met mal à l'aise, que je sais bien que cela doit être génial de savoir en profiter, mais là moi tout de suite, j'ai vraisemblablement une marge de progrès. Je ne dis rien. Disons que je me surprends à ne rien dire. Comme lui, je fais silence. Je marche, je marche, je marche, suffisamment lentement pour l'observer et tenter de percer son mystère. Il avance calmement mais d'un pas décidé. Et puis, il observe. Comme un pied de nez à tout ce que je lui ai raconté, il semble me signifier "regarde et apprécie". Il sourit discrètement, semble tellement bien, tellement à sa place, tellement serein. Serein ? De cet évident constat, je prends la décision de faire comme lui. J'observe. Je réalise que j'y arrive très bien et même que j'y prends du plaisir. C’est beau et puis c’est bon d’être là. Nous marchions depuis près d’une heure quand il se décide à rompre le silence. De sa voix grave, il me demande si tout va bien, si j’apprécie le moment, si je trouve le silence apaisant, si ralentir sa vie me semble toujours aussi dangereux…somme de questions qui n’appellent pas vraiment de réponses. Il sait qu’il a raison. Il a juste la délicatesse de ne pas le souligner. Alors que je pensais naïvement que le cours était terminé, il se tourne brusquement vers moi et me matraque d’un ton ferme et sans ambiguïté : « Don’t let someone be a priority when you’re just an option. » Silence. J’aurais pu me mettre en colère ou m’insurger, tenter de comprendre comment il pouvait affirmer sans sourciller, sans douter, sans savoir même, je crois même que j'aurais pu pleurer… Mais finalement, après avoir patiemment ramassé chacune de mes dents, la seule question que j'ai su me poser était de déterminer "l’option" que j’étais. Intérieur cuir pour frimer, caisson subwoofers pour se faire remarquer, GPS pour éviter de se paumer, coffre de toit pour stocker ce qui ne rentre pas, ou peut-être un de ces trucs qui ne sert à rien genre siège chauffant ou pare-brise auto-nettoyant… Por una cabezaPar Flo :: 18/02/2011 à 0:45
Elle le rêvait encore.
Toute la soirée, elle s'était soigneusement préparée comme si rien n'avait changé, comme si elle l'attendait, comme si quelques minutes à peine pouvaient encore les séparer. Cheveux dénoués ou pris dans une queue, dormeuses discrètes ou parures de princesse, robe noire ou jupe bleue... Rien n'était laissé au hasard. Tout faisait l'objet d'un questionnement scrupuleux. Comme à chaque fois, elle voulait le surprendre un peu, et qu'il ne la trouve pas simplement jolie mais belle à s'en crever les yeux. Elle déposa quelques gouttes de parfum, enroula ses cils dans un mascara volumineux, adoucit ses lèvres et puis ferma les yeux. Quand elle les ouvrit, il était là. Debout dans cette immense salle, il portait fiérement le regard qu'elle lui préfère. Celui qui sans équivoque explique qu'il est venu avec ses envies, celui qui ne laisse plus de place pour rien, ni personne, celui qui est cerclé de bleu. Elle observe chaque détail, consciente de tous les connaître, mais peu importe, d'un spectacle comme celui-là, on ne se lasse pas. Alors qu'elle prend conscience que la vie pourrait cette fois encore s'arrêter là, il s'approche d'elle. L'étincelle de son sourire circonflexe son regard. Il se tient là devant elle, silencieux, mystérieux, ténébreux, parfait. Leurs regards ne se quittent plus. Exit les soucis, les préoccupations, les pertes et tracas, plus rien ne compte à part eux deux. Il finit par lui tendre la main qu'elle s'empresse de saisir. Elle le suit. Elle le suivrait partout. En quelques pas, les voici donc sur la scène prêts à tourner, à s'envoler. Il plaque nerveusement la paume de sa main sur ses reins et flirte bientôt avec son bassin. Ses gestes son précis et réguliers. Il sait exactement ce qu'il fait. Sans un mot, toujours aucun, il continue à la regarder tout en la guidant, en l'aidant à déambuler. Elle tourne et s'enivre de cet instant. Elle aime tant cet homme, d'un amour inconcevable et presque inacceptable. Elle voudrait vivre ce moment d'exception et pourtant déjà une petite voix au fond d'elle tente de lui rappeler que cette fois encore l'orchestre finira par cesser de jouer. Por una cabeza. Por una cabeza. Por una cabeza. Por una cabeza. La vie comme un malentenduPar Flo :: 14/02/2011 à 23:43
"Pourquoi tu ne laisses pas une chance à la vie de te surprendre un peu ?" me dit-elle… Parce que la vie c’est comme une urgence et qu’il vaut toujours mieux prévenir que guérir à petit feu. Parce que la vie c’est comme un guet-apens et qu’il vaut mieux être celui qui guette que celui qui tombe dedans. Parce que la vie c’est comme l’éphémère-ride et qu’une fois qu’elle s’est creusée, tu peux toujours ramer pour la maquiller. Parce que la vie c’est comme un besoin et qu’il vaut mieux savoir ce qui vous manque pour ne pas passer son temps à le contempler au loin. Parce que la vie c’est aussi une envie et que les unes succèdent aux autres tant que la source n’est pas tarie. Parce que la vie c’est comme un sourire mais qu’il est difficile de distinguer le prédateur du carnassier. Parce que la vie c’est la somme d’euphories sans lendemain, l’addition de tout ce qui nous ravie, des petits riens. Parce que la vie c’est comme une ivresse avec son début et puis sa fin, des instants de liesse et puis des douleurs aux intestins. Parce que la vie c’est du plaisir lorsque l’on comprend enfin qu’il faut savoir affirmer ses désirs. Parce que la vie c’est comme un rendez-vous et que si vous n’y êtes pas, quelqu’un d’autre y sera. Parce que la vie c’est aussi l’harmonie, et qu’il faut savoir écouter pour ne pas la louper. Parce que la vie c’est comme une satisfaction que l’on gagne le plus souvent à la sueur de son front. Parce que la vie c’est comme un accomplissement et qu’il est bon de savoir pourquoi on se trouve ici bas à cet instant. Parce que la vie c’est une œuvre à soi, et que vouloir un chef d’œuvre est encore toléré par la loi. Parce que la vie c’est parfois la débandade, et que si l’on ne peut éviter les chocs, on peut tenter de les amortir en se prenant pour un roc. Parce que la vie c'est comme ce parchemin sur lequel est écrit une histoire, un destin. Mais la vie c'est aussi un malentendu tu sais. Et que sur un malentendu, on rêve tous que cela puisse marcher... EargasmePar Flo :: 08/02/2011 à 18:12
Ils avancent doucement. Lèchent du regard les trésors qui les entourent. Leurs regards s’ignorent et pourtant ils sont tous deux tellement conscients qu’ils ne sont à cet instant que molécules au creux de leur alchimie. Leurs deux mains ne cessent de se serrer, s’expliquant sans doute par quelques pressions ce qu’il ne faut pas rater. Emprise et caresses de leurs dix doigts suffisent à leur rappeler qu’ils sont là, ensemble, à partager un instant d’exception. Peintures, dorures, regards perdus et délicieux, cristal, velours rouge, et douce odeur du bois enivrent leurs esprits. Ils n’osent toujours pas. Et puis, pourquoi faire ? Les voix qui règnent ici ne peuvent leur appartenir. Elles sont celles des anges qui tapissent les murs et virevoltent librement jusqu’à la pénétration douce et irrégulière de l’âme. Tout n’est que beauté. Tout ne doit être que beauté. La disgrâce d’un alto pourrait casser la magie d’un moment qu’ils veulent chérir. Alors, ils se taisent et respirent doucement chaque seconde. Une fois le grand escalier franchit, ils savent que la porte ne sera plus très loin. Ils sont deux enfants. Deux enfants souriants et heureux. Deux enfants regardant dans la même direction. Patiemment. L’obscurité prend place. Le silence aussi. Quelques vagues notes de musique introduisent deux voix qui se cherchent, se tournent autour, se posent, se frottent, s’emmêlent, dansent en harmonie. Il poursuit sa quête, prend doucement possession de cette femme qui l’accompagne. Il ressent son trouble, les saccades de sa respiration, comprend qu’elle ne l’arrêtera pas. Alors il s’exécute, exprimant par quelques gestes avisés le rythme parfait qu’il s’attache à respecter. Elle retient son souffle et puis ses cris, avant de pleurer son plaisir, oppressée par l’excès. Orgasme lyrique, oratorio magique. Elle est simplement volupté. C'est quand le monde 2 ?Par Flo :: 04/02/2011 à 0:48
Le texte que vous allez lire (ou pas) n'a aucune forme d'intérêt. C'est juste un cri dans la nuit, de ce qui soulage et vous aide à reprendre une forme humaine, une vie normale. Merci de votre indulgence ! ________________________________________________________ Parfois, j'aimerais être quelqu'un d'autre l'espace de quelque jours, juste histoire de comprendre comment font ces autres avec leur quotidien, leurs questions, leurs doutes, leurs joies, leurs peines, leurs blessures...C'est vrai, comment ? Peut-être que quelqu'un a un vrai don pour gérer cela et qu'il devrait le partager avec la communauté, histoire que chacun s'apaise et se bouddhinise. Moi, j'ai parfois le sentiment de mourir un peu chaque jour à force de voir, de vivre, et de constater que rien n'est surprenant. Plus de surprises, plus d'envies. Plus d'envies, plus de vie. Mon plus grand talent, mon hobby première classe est de me pencher sur le monde, de l'observer pour tenter d'en affiner ma compréhension. Je vous ai déjà dit que j'étais maso, non ? Pourquoi, je n'en sais fichtre rien. C'est comme cela, c'est tout. Altruiste, je profite de mon puit de science pour expliquer aux autres ce qu'il faut comprendre, comment il faut faire, comment il faut procéder, comment il faut avancer, accepter, reculer, s'effacer, serrer les poings, ou parfois mordre sans fin. C'est vrai, j'explique et je dois dire que je fais cela plutôt bien puisqu'on m'en redemande allant même jusqu'à me dire que c'est "bénéfique" ou encore "agréable" d'échanger avec moi... Autant vous dire que je suis à deux doigts de me prendre pour une dragée Fuca. Car, de vous à moi, qui suis-je pour expliquer la vie ? Ni plus, ni mieux que vous, que lui, qu'elle. Ni plus solide. Ni plus intelligente. Ni plus futée. Ni plus sage. Loin de là. Et pourtant je continue mes consultations régulières. Là où le sujet me passionne, c'est que je me dis qu'en ce moment, je suis plutôt du genre bancale. Peu importe, je suis encore plus douée comme si mon coeur à vif m'expliquait tous les secrets de l'univers. Pour me ressourcer, je lis. Et quand je lis, je m'évade. Enfin disons que je m'évadais. Est-ce que quelqu'un là-haut m'en veut de quelque chose de particulier ? Ou est-ce que je suis une masochiste incurable ? Peut-être les deux finalement. Mon évasion commence sur ces quelques mots : "La vie commune devient irrespirable. Le jour, ils s'évitent et la nuit, ils reposent sur leur lit tel deux blocs de solitude séparés par une incompréhension sans fin. Ils pourraient se séparer, mais ils continuent à vivre ensemble, sans doute parce que dans leur confusion émotionnelle, ils ont besoin d'ordre et qu'ils ne redoutent rien tant que de voir leur vie livrée au chaos et à la dispersion. Leur couple ressemble à une organisation incohérente, alors qu'il est en réalité une alliance d'intérêts bien compris. En vertu de quoi, on peut devenir de plus en plus indifférents et de plus en plus inséparables." Autant vous dire, que mon évasion a été de courte durée et que je suis rapidement retournée en sécurité dans ma petite cellule. Là je me suis dit que cela faisait partie de ma thérapie personnelle. Un truc du genre, absorbe la souffrance, apprend à vivre avec puisqu'il paraît que tu n'es pas très douée. Ok, va pour absorber la souffrance, mais jusque quand exactement ? J'en ai marre de faire glisser sur moi les mots, les gestes, de tenter de trouver une explication logique à tout pour aller mieux, me sentir apaisée ne serait-ce qu'un instant ? Alors ce soir je vous le dis : Qu'est-ce que c'est que ce monde dans lequel on vit des trucs pathétiques, on s'inflige des souffrances inutiles, on réagit comme des crétins ou les derniers des imbéciles...? Qu'est-ce que c'est que ce monde qui ne comprend pas parce qu'il n'a pas envie de faire l'effort d'y arriver ? Qu'est-ce que c'est que ce monde ridicule où tout le monde croit détenir la vérité de l'autre et ose écrire sans rougir "je ne savais pas qu'elle était fragile". Hé bien merde, sachez que si je souris aujourd'hui, c'est à la sueur de mon front que je le dois, parce que franchement, je sais bien que c'est encore l'hiver et qu'il fait froid mais je trouve ce monde glacial et qu'il est en train de faire de moi une zombie de la psychologie, une visionnaire pathétique de tout ce qui me répugne, une frigide de la vie. Pour parfaire mon spleen, je me suis infligée le dernier Eliette Abecassis, une véritable épreuve de force. Et pourtant quand elle conclue : "Allais-je brûler l'amour avec cet amour ? Serai-je capable d'aimer à nouveau ?", j'ai souri. Comme le dit fiérement mon fils quand il joue à sa console de jeux : "ça y est maman, je peux passer au monde 2". Vous croyez qu'il recrute Super Mario ?
VocabulonPar Flo :: 30/01/2011 à 23:56
Il s'appelle Walter. C'est le prénom anglais de mon grand-père italien. Assise dans mon fauteuil, j'écoute attentivement son monologue. Walter est beau, humoriste et belge.
Ma partenaire de soirée ne saisit pas tout l'intérêt de son spectacle. Il faut dire que Walter pratique avec la plus grande des indélicatesses, le cynisme. Moi, j'aime cela le cynisme. J'ai toujours trouvé qu'il dissimulait une vraie forme d'intelligence quand il est pratiqué avec goût. Il faut croire que je suis la seule à le penser car assise à ma droite, elle ne cesse de se pencher vers mon oreille pour m'y déposer quelques mots.
- Il faudrait peut-être s'orienter vers les PQR ?
- (étonnée et agacée) Les PQR ? Et pour quoi faire ? C'est le genre de trucs que je me tape toute la semaine au bureau, alors merci mais le week-end, je préfère m'épargner ce genre de sujets.
- T'as des PQR au bureau toi ? Tu ne me l'avais pas dit.
- Bien sûr que oui. Tu sais avec le métier que j'exerce, c'est un peu incontournable. C'est ce que l'on pourrait appeller une obligation professionnelle.
- T'as vraiment un métier génial toi. Tu rencontres plein de gens nouveaux tout le temps et en plus tu croises des PQR. Moi, c'est pas gagné !
- C'est pas si génial que cela tu sais. Cela tombe tous les jours dans ma boîte et l'objectif est de faire parler de soi un maximum tout en maîtrisant le discours. Parfois cela part en sucette. En ce moment, j'essuie pas mal de plâtres pour une sombre histoire de pieux. Et être toujours en première ligne sur ce type de dossiers n'est pas forcément très amusant. Cela demande vachement de disponibilité et puis il faut tout maîtriser, tout savoir, tout le temps.
- Tu prends pas un peu tout cela trop au sérieux. L'idée de départ, c'est quand même de se détendre un peu, de profiter, sans se prendre la tête.
- Si je ne me prends pas la tête toute seule, c'est mon patron qui va le faire pour moi tu sais.
- Pourquoi, il est au courant de ce qui se passe dans l'entreprise ?
- Evidemment, c'est son job aussi. Et puis, il compte sur moi pour tout lui rapporter. Il est plutôt du genre grand-manitou.
- C'est spécial quand même le BTP.
- Pas vraiment. Je crois que cela fonctionne comme cela dans toutes les entreprises ou presque. Ce qui change pour moi, c'est que je ne m'en occupais pas vraiment avant. Aujourd'hui, c'est mon quotidien.
- Mais comment cela se passe alors tes relations avec eux ?
- Cela dépend. Certains sont des institutions sur la place, des incontournables. D'autres changent de tête régulièrement. Disons qu'il faut aimer cultiver son relationnel, et puis il faut apprendre à maîtriser son discours. Il y a des choses que tu apprends à ne pas dire, des pièges que tu apprends à éviter.
- Quel genre de pièges ?
- Disons que certains sont très doués pour essayer de te charmer et tenter d'obtenir ainsi ce qu'ils veulent. D'autres préfèrent jouer la carte de la provocation en éspérant que tu perdras ton sang-froid et que tu lâcheras ce qu'ils veulent.
- C'est hallucinant quand même. T'as l'air de connaître cela sur le bout des ongles.
- Encore une fois, cela fait partie de mon job.
- Personnellement, je trouve cela quand même malsain ce genre de relations dans le boulot. Et puis, tu ne crois pas que cela peut nuire à ta carrière. Cela finit forcément par se savoir ce genre de trucs.
- Ils en font même des articles dans la presse. Enfin, disons que c'est ce que je recherche.
- (rire) T'es trop con !
- Malsain par contre, je vois pas. S'ils te provoquent parfois, c'est de bonne guerre. Tu sais la presse natio' est réputée pour être bien pire.
- La presse natio' ? Mais de quoi tu me parles ?
- Bah de la presse nationale. Le Figaro, Le Monde, Les échos...Tous les quotidiens français ! Tu sais La Voix du Nord, comme son nom l'indique n'intéresse que les gens du Nord, c'est de la presse quotidienne régionale, de la PQR...
- (morte de rire) Moi je te parlais juste d'un Plan Q Régulier...
Si c'est pas de la conscience professionnelle cela...
Note de l'auteur : Walter se produit au Point Virgule à Paris et moi, j'ai beaucoup ri !
La tendresse du vautourPar Flo :: 24/01/2011 à 19:43
Longtemps je me suis demandée ce qui pouvait attirer deux êtres. Sagit-il d’un don du ciel, d’un truc inexplicable, d’une opportunité, d’un coup du destin, de la compatibilité de deux agendas, de la capacité à ouvrir les yeux, à s’ouvrir soi ou simplement comme je l’ai longtemps cru d’être au même endroit, au même moment, juste cela. J’ai rendez-vous avec ce genre d’histoire là. Disons pour être précise, avec un homme qui a un don inexplicable, celui de savoir par je ne sais quel mystérieux pouvoir que j’ai besoin de lui. Et là, il débarque ! Est-ce que c’est ce que j’apprécie chez lui ? Sans doute, car finalement c’est une bénédiction ce genre d’amis. Combien de personnes peuvent se vanter d’être là quand vous en avez besoin, solides, fidèles, patientes, empathiques, aimantes, désinteressées… ? Inutile de chercher bien loin. Un soir, il m’appelle, tard. Son nom apparaît sur le clavier de mon HTC et moi je souris comme si je m’y attendais. L’instinct masculin aussi cela existe ! Après les bons voeux d’usage et deux trois autres conneries, il m’interroge pour savoir où j’en suis. Il sait. Il sait tout ou presque. Nous échangeons, enfin disons que je lui raconte et qu’il écoute en ponctuant régulièrement de quelques mots qui ressemblent à peu de choses près à « je te l’avais dit ». C’est vrai, il me l’avait dit et je dois dire que cela m'énerve qu'il sache tout cela mieux que moi. Ce que j’aime finalement chez lui, c’est sa capacité à me faire croire que je suis une princesse tout en rappelant à mon bon souvenir que Grimm et Perrault sont des escrocs. Il ne noircit pas vraiment le tableau, il me donne sa vérité, m’offre son honnêteté, sa simplicité et je crois aujourd’hui que j’en ai tellement manqué que c’est un trésor que je ne peux qu’apprécier. Et puis, il ne me ménage pas, prend le risque de me blesser, de me bousculer, de me faire tomber. Savant mélange de bienveillance dépouillée de toute forme de pitié. Alors, il m’invite à dîner, m’explique qu’il sera sur Lille pour quelques jours et qu’il m’offre une soirée, sa soirée. On parle de tout, mais certainement pas de rien. Il m’écoute patiemment, me sourit régulièrement, m’explique énergiquement tout ce que je ne comprends pas, tout ce qui n’a pas de sens pour moi… Il me parle d’un postérieur que je croyais coincé entre deux chaises, des hommes et de leur courage, et du fait qu’en amour, on a toujours ce que l’on mérite, c’est scientifique ! C’est si simple avec lui. Tellement, que je me trouve gourde. Gourde d’avoir esperé, cru, rêvé... Il le sait alors il me rappelle que toute expérience est bonne à vivre si elle peut nous faire avancer, que la lumière ne s'invente pas, qu'elle est ou qu'elle n'est pas, que je ne dois rien regretter, que l’erreur serait de regretter...et qu’il a passé un merveilleux moment "comme à chaque fois". En rentrant chez moi, je me suis dit que la nature humaine n’était pas si pourrie et que les vautours pouvaient aussi être de sacrés amis. Alors, j'ai souri ! Merci. Le pouvoir de l'instant présentPar Flo :: 20/01/2011 à 19:58
C'est moi qui conduis. Je préfère finalement. Nous roulions depuis quelques minutes déjà en conversant sans relâche. Elle, c’est ma sœur. Ma grande sœur. Celle qui ne cesse de se vanter de faire plus jeune que moi ! On se ressemble assez peu physiquement, mais on sort de la même cuisse, c’est évident. La droite, celle où l’on apprend à avoir un caractère virulant. Nous enchaînons les routes désertes et les villages improbables. Un périple qui fait de nous, deux héroïnes de Twin Peaks ou un truc comme cela. Ce chemin là, je le connais déjà, mais je ne lui dirai pas, trop occupée à me convaincre que c’est un détail, qu’il ne faut pas y penser, que cela va passer. Notre destination nous attendait. Une maison blanche avec des volets pas soignés, une vraie place pour se garer et puis rien avant, rien après. Au moment de serrer le frein à main, je me demande pour la dernière fois ce que je fais là. Mais à dire vrai, je sais très bien ce que je fais : je cherche des réponses, du sens à donner et puis cela me fait du bien de sentir qu’elle veut m’aider. Elle ouvre la porte. Moi, je crois que j’ai souri, elle aussi. Et puis, on a parlé comme si nous avions répété. « Bonjour, je suis Madame……, nous avons rendez-vous ! », « Oui, j’ai eu vos coordonnées par le biais de mes collègues, Madame….et Madame….. Merci de nous recevoir. ». Elle nous invite à nous installer dans son bureau avant de s’absenter. Nous parlons tout bas comme si nous préparions un mauvais coup, c’est peut-être le cas. J’ausculte sa bibliothèque, les livres sont souvent le reflet de beaucoup de choses. Dis-moi ce que tu lis, je te dirai ce que tu es ? Cela parle d’Œdipe, de Dieu, de forces intérieures, d’harmonie, de Bouddha aussi. Je m’attardais sur une couverture baptisée « Dieu est un pote à moi », quand elle m’invite d’un simple coup de coude à lire une inscription sur son bureau, un mot nouveau qui conjugue un truc barbare, parce qu’inconnu, et une part de rêve, parce qu’inconnu ! Luminothérapeuthe. Elle rit nerveusement. Moi, je souris. Je n’ai pas compris. Elle finit par revenir, et ma sœur par s’éclipser. Je ne suis pas à l’aise alors je m’agite en essayant de ne pas trop le montrer. Elle sort de son silence soudainement en même temps qu’elle sort ses cartes. Je ne comprends toujours pas. Elle me demande de couper. Pour quoi faire, je ne suis pas venue pour m’amuser, tu le sais cela ? Je m’exécute. Les choses s’enchaînent ensuite très vite. L’espace de quelques secondes, j’ai envie de lui dire qu’elle doit faire erreur, que moi c’est la thérapeute que je suis venue voir, la personne qui va m’aider à y voir plus clair, pas celle qui veut taper le carton. Et puis moi, y'a qu'au UNO ou aux 7 familles que je sais jouer… L’entretien durera finalement 2h45. Je crois que j’ai pleuré dès la deuxième minute, et je ne sais plus quand je me suis arrêtée. Face à cela, elle m’a expliqué qu’il n’était facile pour personne de se faire éplucher comme un oignon, mais que c’était un mal nécessaire. Elle a sûrement raison. Rapidement, elle a pris possession de mes jardins secrets et je dois dire que je n’ai pas cherché à l’en empêcher. Tout est facile, limpide, précis, évident, et tellement exact, c’est déconcertant. Larmoyante et bouche bée, j’écoute simplement, incapable de parler. Plus tard, je sourirai. Je crois même que j’ai ri. C’est toujours moi qui conduis. J’ai le sentiment étrange d’être vidée et pourtant si prête à me remplir, me nourrir. Ma sœur s’excuse de ne pas m’avoir prévenue prétextant qu'elle ne voulait pas prendre le risque que sa cartésienne de sœur refuse d’y aller. Elle a raison, je n’y serai pas allée. « Tu ne m’en veux pas ? » Comment le pourrais-je désormais ? Chacune des parois de mon être vient d’être raclée, récurée, nettoyée. Enfin, disons que c’est le sentiment que j’ai. Je sais que tout cela peut sembler bien étrange, mais je crois que je viens enfin de comprendre la pièce qui me manquait, pourquoi les choses sont parfois si compliquées… Non, je ne t’en veux pas. Je crois que je ne suis pas prête d’oublier ce que tu viens de faire pour moi.
Douce digressionPar Flo :: 18/01/2011 à 20:24
Je lève soudainement la tête. Alors que je me décide à raconter à mon tour, il m’autorise à peine quelques phrases avant de se frotter contre moi, de me saisir la bouche, de me laisser sans voix. Ses baisers sont doux et exigeants, avides, tendres, gourmands, maîtrisés, renversants. Mais surtout, ils ne s’arrêtent pas. Il sent bon, l’odeur étrange de l’interdit, du pas permis. Sa main attrape ma nuque comme sans doute jamais on ne me la saisit. Comment sait-il tout cela ? Et puis les choses s’enchaînent. Je crois que je voudrais quitter cet endroit sans un mot, juste comme cela. Je crois que c’est ce qui s’est passé à peu de choses près. Il me saisit par la taille, comme s’il me connaissait, comme s’il savait qui j’étais. Il se saisit de moi et repousse en silence et sans équivoque le moindre de mes doutes. Et moi, j’adore cela. Je réalise à peine que nous sommes sur le trottoir, je ne sais pas où je suis et à vrai dire, je m’en fous. D’un simple geste, il devient ma bougie, ma lueur dans la nuit, celui que je suivrai jusqu’au bout de la rue ou peut-être même de la vie. Il serre mon corps contre le sien, m’emmène à droite et puis à gauche, dans une berline noire et puis chez lui. Il ne prendra pas la peine d’allumer la lumière. Les forces en marchePar Flo :: 11/01/2011 à 20:16
C’est un pélican, un pélican bleu avec un bec jaune. Quand on appuie sur son ventre, il vous pose mille questions d’une voix nasillarde qui sent la petite enfance et le sucre d’orge. Il lui demande : - « Je suis un insecte qui habite dans une ruche et fabrique du miel. Qui suis-je ? » Du haut de ses quatre ans et demi, il lui répond fièrement : - « Je sais. Trop facile, c’est la mouche ! » Assise à ses côtés, j’étais perdue dans mes pensées, dans mon vague à l’âme, dans mes questions, mes doutes, mes interrogations…A dire vrai, la seule chose que je n’avais pas perdu finalement, c’était mon nombril. Ce moi qui comme tout le reste est surdimensionné. J’écoute d’une oreille distraite les balbutiements de l’oiseau, et la réponse de ce petit être qui vous terrasse d’un seul battement de cils. Et là, j’explose. Je suis contaminée par un fou-rire. Un truc qui me possède. A cet instant, j’ai vraiment envie de me laisser faire : je ris en silence, un de ces éclats de rire étouffés qui n’arrive pas à sortir et qui vous donne le sentiment d’imploser. Quelques secondes plus tard, mes yeux ruissellent, je ne sais si c’est nerveux, sans doute un peu, mais je ris comme si cela ne m’était jamais arrivé, comme si je voulais que plus jamais cela ne cesse et je trouve cela simplement délicieux. Surpris par ma réaction, mon fils s’approche. Son regard bleu marine est d’une intensité que je ne saisis pas tout de suite. Nos silences cohabitent dans une incompréhension totale, on pourrait presque les marier. Quelques secondes plus tard, il pose tendrement sa main sur mon visage en disant : - « Pleure pas maman, je veux plus que tu sois triste. » C’est ainsi que j’ai décidé que tout cela avait assez duré. On dépose ses rêves comme on dépose les armesPar Flo :: 06/01/2011 à 7:09
Il y a parfois des jours où l’on se lève En pensant que la vie ne sert à rien. Ces jours noirs et acides qui vous rongent, Participent pourtant à l’écriture de votre destin. Mots et souvenirs me donnent la nausée. Je voudrais tellement savoir comment me relever. Le chagrin est une drogue, une religion. Un truc pas gaie dont je me gave sans restriction. Chacun y va de son geste, de son mot. Essayant de me faire croire qu’après la pluie, le soleil brillera a volo. Moi, je n’arrive plus à les croire. Je crois bien que cette fois, j’ai visé beaucoup trop haut. Les couleurs semblent soudain si ternes. Les espoirs, bons à vous déchirer les veines. Le seul reflet dans mon paysage saccagé Est celui de mes mômes que je voudrais savoir préserver. Je n’ai plus la force, plus de goût à rien. La vie m’écorche, était-ce donc cela mon destin ? Je voudrais me libérer des mes larmes. Savoir s’il faut déposer ses rêves comme on dépose les armes ? Ma peine est capitale. Il paraît que c’est humain d’avoir mal. La vie m’écorche, était-ce donc cela mon destin ? J’en suis qu’au début, et je guette pourtant déjà la fin.
La vie est courte et le désir si grand*Par Flo :: 30/12/2010 à 7:16
Je ne sais pas vraiment par où je dois commencer. Je sais simplement que je dois le faire, c’est tout.
Il y a quelques semaines, j’ai pris la décision de divorcer. J’ai mis 5 minutes pour décider que j’allais me marier. 5 minutes. Fête de la musique, Paris, République, 2001. J’ai mis plus de deux ans à faire du divorce, l’unique évidence. Durant ces deux années, je crois que je suis passée par toutes les couleurs de l’arc en ciel. J’ai douté, je suis tombée, je me suis relevée, j’ai dissimulé, j’ai maquillé, j’ai serré les poings, j’ai pleuré, j’ai souffert, j’ai accepté l’idée de souffrir, je me suis dégoûtée, je me suis détestée, j’ai détesté le monde, j’ai crié à l’injustice, j’ai menti, je me suis mentie, et puis j’ai ri aussi, j’ai souri, j’ai aimé, j’ai compris petit à petit… J’ai espéré que la vie prenne les décisions à ma place, j’ai appris que cela n’était pas comme cela que cela fonctionnait. Je crois aussi que j’ai finalement compris qui j’étais, mieux, ce que je désirais. C’est vrai, j’ai appris mille choses en quelques mois. A force d’écouter et d’observer notre monde, des tas de choses me reviennent chaque jour à l’esprit. Il y a plusieurs mois déjà, je partageais avec vous une conversation que j’avais eu avec un quadragénaire débordant. Moi, je voulais comprendre comment il avait su 10 ans plus tôt qu’il devait partir, quitter sa femme et ses deux enfants, poursuivre sa vie autrement. Lui, me répond qu’à force de cogiter, les réponses apparaissent finalement très vite mais que si l’évidence ne suffit pas, c’est un jour le corps qui ordonne d’agir. Voilà où j’en suis… J’ai été élevée dans une famille où l’on m’a appris mille choses. Je citerais aujourd’hui la difficulté à exprimer ses sentiments, et puis l’importance de toujours donner le change vis-à-vis du reste du monde. Alors, quand il a fallu prendre des décisions, j’ai gardé mes sentiments et mes émotions pour moi, et puis j’ai continué à sourire en espérant que le train passe, et qu’il passe vite. Je crois que je suis une femme intelligente, mais il faut croire que l’intelligence ne suffit pas. Anatole France considérait que la nature humaine avait le chic pour penser de manière raisonnable et agir de manière absurde. Je suis absurde. Obstinée, j’ai défié chaque journée, chaque semaine, je ravalais angoisses, chagrins, peines, sourires de mes chérubins en serrant les poings… jusqu’à cette fameuse soirée. Mes enfants sont couchés et moi, je plonge mon corps dans un bain chaud. Toute la journée, j’avais mal sans savoir localiser la douleur, j’avais envie de crier sans pouvoir parler, j’avais envie de courir, de m’enfuir, de pleurer. J’étais mal et j’avais cette fois du mal à le cacher. C’est mon corps, ce héros, qui m’a tout expliqué. Je ne suis pas de nature à perdre les pédales, à me laisser aller. Je suis le plus souvent bien trop occupée à mettre en avant mes forces pour me préoccuper de mes faiblesses. Et puis quelles faiblesses ? Peut-être simplement celle de ne plus savoir quitter une baignoire. Je ne sais combien de temps s’est écoulé, une heure, peut-être deux ou trois. Je suis seule dans cette maison. Je me refuse à tenter de réveiller mes enfants. Mon téléphone est resté au rez-de-chaussée, et moi je suis paralysée, nue comme un ver dans une baignoire remplie de larmes. Je ne perds pas de vue l’ampoule au plafond. Je ne sais pas si j’ai froid. Je sais simplement que j’ai peur et que je perds mes nerfs. Je ne peux m’empêcher de penser à la seule fois de mon existence où j’ai déjà perdu le contrôle. Alitée deux jours durant après qu’un homme, mon patron, nous ait forcés à cohabiter avec ses propos nauséabonds. Mon fils tentait alors de grandir en moi. Je crois que c’est l’unique fois de ma vie que j’ai haï quelqu’un. Aujourd’hui, je n’en veux à personne, sauf à moi-même. Exprime. Sors. Purge. Explique. Confie. Parle. Ecris. Démerde-toi. Je repensais alors à ma sœur qui en août dernier m’avait « gentiment » coupée dans l’élan de mes explications avec cette phrase ou quelque chose qui y ressemble : « Il n’y a que toi pour croire que la seule chose que nous attendons, c’est que tu démontres que tout va bien. ». Peut-être que je me suis trompée. Peut-être qu’elle a raison et que finalement, c’est moi que je rassure avant tout à force de me convaincre, de me convaincre que je peux tout gérer seule. J’ai fini par extraire mon corps de la baignoire. Il était 0h27. J’avais froid. Epuisée, j’ai presque bien dormi cette nuit-là. A mon réveil, j’étais en larmes, des larmes épaisses et bruyantes que l’on refuse d’étouffer. J’ai appelé ma mère et je lui ai tout raconté. Et pour la première fois depuis des mois, j’ai pu me réfugier dans ses bras. Je continue à avoir peur, c’est vrai. Mais, je sais que je ne suis pas seule et que je vais y arriver. *Libre interprétation du dernier Prix Femina « La vie est brève et le désir sans fin » de P.Lapeyre. Un titre magnifique et plein d’espoirs que j’ai écrit sur la paume de ma main. ![]() Ne lui dis jamais que tu l’aimesPar Flo :: 06/12/2010 à 6:23
C’est l’histoire d’Olivia. Olivia est une jeune femme qui comme tant d’autres avant elle, s’est fait cueillir par l’amour. Comment s’appelait-il cet amour là ? Jean, Paul, Charles…peu importe. Vêtu d’un simple costume de courtisan, il l’avait trouvé charmante avec ses longs cheveux, ses fossettes et son air de débarqué d’ailleurs. Elle était différente de celles qu’il avait connu, celles qu’il avait voulu, de celles qu’il avait fini par ignorer, par oublier. La différence, c’est attirant à n’en pas douter, alors il avait décidé qu’il la posséderait. Ils s’étaient croisés un soir, tard. Une exposition d’un artiste improbable et probablement inconnu, du champagne ou un truc qui essaye d’y ressembler, quelques petits fours pour amortir les bulles du nectar, et puis des mots à foison. On parle, on discute, on cancane, on dit tout et son contraire, on rit de choses que l’on ne comprend pas, que l’on n’entend pas. Et puis le temps passe. Et puis la soirée trépasse. Et puis chacun rentre chez soi. Enfin presque. Olivia était toujours là, seule au milieu des derniers résistants. Lui, elle l’avait vu, je crois même qu’on peut dire qu’elle l’avait regardé. De cette première rencontre, elle se souviendra de sa grosse écharpe grise qui, installée autour de son cou, lui donnait un faux air d’Henri de Nevers. Une rencontre qui fut le début d’une longue série au restaurant, au théâtre, dans un bar, à la plage, la journée et puis la nuit aussi. Et puis un jour, c’est arrivé. Elle avait cédé à la pression de ses organes un soir de pluie. Son estomac tournait et retournait l’eau fraîche dont par amour elle ne cessait de s’abreuver. Ses poumons tentaient tant et si bien d’inspirer ce monde qui lui semblait indécemment merveilleux. Et sa tête…Son esprit faisait corps avec son cœur, un instant suffisamment rare pour être souligné. Elle était simplement heureuse. Alors, poussé par tout ce petit monde, elle s’était décidée. Il fallait qu’il sache, il fallait lui dire, à quoi bon garder ses sentiments enfermés ? L’amour n’est il pas la seule chose au monde qui mérite vraiment d’être partagée, livrée au grand jour, arrosée chaque matin… C’est ce qu’elle croyait en tous les cas à ce moment là. Alors, elle s’est lancée, elle s’est déclarée, elle a déshabillé son cœur doucement avant d’expirer son premier « je t’aime ». Les semaines ont passé depuis ce soir-là. Le décor a changé. On dit que la vie est passée par là. Le sentiment amoureux qui l’habitait était progressivement rongé par l’absence, le silence, la distance l’incompréhension et puis finalement par le doute. Comment peut-on en arriver là ? C’est riche de son insuffisance et de ses questions qu’elle croisa un jour celui qui tentera de lui donner sa version. Il s’appelait Jean, Paul ou peut-être Charles : « L’amour ne se déclame pas. Il se vit. Il se ressent c’est vrai, mais il ne s’explique pas. Nul n’a trouvé en ce bas monde le moyen de pérenniser la grâce d’un sentiment, d’une émotion partagée. Nul n’est capable d’expliquer l’intensité d’une émotion et puis son repli, son oubli. Alors bien sûr, l’être humain a besoin d’explications pour éviter de se laisser absorber dans le trou béant de son ignorance. Il pose quelques rustines, bricole un début d’explication acceptable avant de poursuivre son chemin sans se retourner. Mais si l’être humain est complexe, le roman de la vie dans laquelle il s’illustre a parfois des détours qu’il ne peut maîtriser. C’est ainsi que l’on se retrouve un jour, sans vraiment comprendre pourquoi, acculé par toutes ses explications ridicules, ses raisonnements précaires et superficiels, l’expression même de notre fragilité. Certains tenteront alors de grandir en acceptant pour la première fois de leur vie qu’ils ne savent rien, en reconnaissant dans cette humble ignorance la possibilité de devenir, de devenir enfin. D’autres abdiqueront devant l’étendu, devant l’épreuve, devant le vide, devant le vertige de l’existence, le doux poison de leur ignorance. Ne renonce jamais à l’amour, jamais. Vis-le. Savoure-le. Respire-le. Décline-le sous toutes ses formes. Dessine-le comme bon te semble. Donne lui formes et reliefs. Exige de lui tout ce qui te semble nécessaire ou essentiel. Regarde-le dans les yeux. Caresse-le du bout des doigts. Embrasse-le de tes deux bras. Accepte même de le laisser partir, si c’est son choix. Mais ne lui dis jamais que tu l’aimes. Comprend moi. On aime souvent l’idée de ne pas être seul. On aime l’idée de déambuler dans la vie exactement comme c’est écrit. On aime l’idée de l’amour alors, pour se rassurer, on le déclame espérant ainsi l’emprisonner. Mais l’amour de l’autre, le véritable amour, quand il vous tombe dessus, il faut le vivre conscient qu’il peut s’échapper et ne jamais chercher à le retenir par de magiques formules que nul n’a su réinventer. Je t’aime. » |
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