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Quand on a besoin des « riens »

Par Flo :: 08/02/2010 à 22:48

"Bénissons nos désirs insatisfaits, chérissons nos rêves inaccessibles :

l’envie nous maintient en vie !"

 

Vacances chez mamie.

Une ferme perdue au milieu de nulle part.

Des cousins avec qui on joue dans la paille, dans l’étable, à se faire des cabanes, avec qui on fume ses premières cigarettes, avec qui on fait des courses de lapin, avec qui on mélange le vinaigre avec le vin....

Et ma grand-mère. Une femme cassée en deux par la vie, le travail et tout ce que je ne sais pas. Une femme dure, compliquée, exigeante, cassante, dirigiste, autoritaire et drôle aussi.

A l’époque de mes 10 ans, elle avait pris l’habitude de nous acheter des frites acidulées, pour nous faire plaisir officiellement mais pour être honnête je crois qu’elle les adorait. Quand elle me tendait le paquet et que j’avais la naïveté de m’interroger sur la couleur de celle que j’allais doucement sucer, elle m’arrêtait systématiquement avec un : « Florence, on ne choisit pas ! ».

 

C’est amusant, vous ne trouvez pas ? On ne choisit pas. Moi, j’ai le sentiment que nous passons nos journées à choisir, à donner des réponses, à renoncer, à accepter de devoir renoncer, à se faire à l’idée, à choisir une voie, une seule, à espérer que cela soit la bonne, pour moi, pour vous, pour eux, à ne plus savoir, à être paumée…et les BB Brunes qui me  chantent chaque matin « Dis-moi ? »…

 

…escalier ou ascenseur, robe noire ou robe rouge, sourire ou mauvaise humeur, rappeler tout de suite ou dans un quart d’heure, pardonner ou s’obstiner, mer ou montagne, tournedos ou sole meunière, frites ou haricots verts, évoluer ou pouponner, cheveux lisses ou frisés, Boris Vian ou Katherine Pancol, se battre ou accepter, assumer ou se défiler, chlorophylle ou menthol, prendre des risques ou se protéger…Dis-moi !

 

Vous dire quoi ? Ma vérité du jour est que je paierais cher pour m’allonger sur un gazon fraîchement coupé, regarder pendant des heures la valse des nuages, rêvasser comme si je savais encore le faire, imaginer tout ce que j’ai perdu ou oublié, écouter mon cœur battre, m’abandonner à l’instant sans rien attendre, sans envies particulières, sans contraintes…juste profiter d’un moment fait de petits rien. 

 

De l’herbe, des nuages, un ciel bleu et un peu de temps...c’est cela mon choix. Pour le reste, on verra…

Et puis de vous à moi, qu’est-ce que cela pouvait bien changer que je déguste une friandise verte plutôt qu’une jaune : une attaque de la pie qui chante !

 

Aimant, mon amant

Par Flo :: 01/02/2010 à 22:32

Il m’attire.

Je ne sais pas toujours comment lui dire.

Aimant mon amant m’agite comme cette limaille.

Notre Dame de fer écoute sa chair qui s’agite.

Son corps réclame un éventail.

 

Sa voix magnétique,

Ses yeux électriques,

Son parfum presque alchimique,

Et ses mains qui vous expliquent la vie, sadiques.

Il m’attire.

 

Quand je le regarde,

J’ignore ma boussole.

Mon pôle Nord cherche son Sud.

Et mes hémisphères s’envolent.

Il m’attire.

 

Me voilà surprise les doigts dans la prise,

Electromagnétisme de l’instant.

Principe physique.

Force de frottements.

Il m’attire.

 

Loi de la nature qui ne s’explique pas.

Improbable rencontre qui ne s’invente pas.

Aimant mon amant excite mes molécules.

Qui comprennent vite et capitulent.

Il m’attire

 

Le champ magnétique de mes obsessions me guide vers ses fesses,

Mes électrons un peu trop libres se dispersent.

L’attraction n’est plus terrestre.

Mes plus en veulent plus.

Il m’attire.

 

Mes mains se rapprochent et les saisissent.

Chair contre chair. Attraction alanguisse.

Pulsion magnifiée du sentiment.

Sentiment attractif de deux aimants.

Il m’attire à lui et me glisse : « Tu vois comme c’est bon d’être vivant ! »

Ces mots qui vous bouleversent

Par Flo :: 25/01/2010 à 0:58

Ils sont fragiles.

Murmurés du bout des lèvres.

Assumés quand ils doivent l’être.

Formulés telle l’équation de la spontanéité.

Ou placés comme aux échecs.

 

Ils sont doux.

Leurs sons se fredonnent à tue-tête.

Leurs sens retournent même celle qui ne voudrait pas l’être.

Leurs rythmes ressemblent à une mélodie du bonheur.

Leurs accents vous crèvent le cœur.

 

Ils sont violents.

Ils s’élèvent d’une seule voix.

Ils se dirigent vers moi.

Ils me giflent, m’assomment, me transpercent.

Et s’amusent de me deviner ventre à terre.

 

Ils sont compassion.

Vous expliquent qui vous êtes.

Tissent des fils improbables.

Cultivent des relations discutables.

Erigent votre grotte secrète.

 

Ils sont dangereux.

Vibrato de ma raison.

Réminiscence de mon cœur.

Permanganate de mes effusions.

Explosif de mes humeurs.

 

Ils sont beaux.

M’expliquent tout ce que je ne comprends pas.

M’interrogent même quand je ne le veux pas.

M’amusent quand je ne m’y attends pas.

Me touchent et me caressent.

 

Ils sont vôtres.

Vous en tapissez le monde.

Brodez vos histoires au fil des secondes.

Tressez des liens insaisissables.

Nouez parfois des relations véritables.

 

Ils sont ce que l’on ne garde pour soi,

Ce que l’on jette en pâture.

 

Ils sont le battement d’un hémisphère,

Le cogito d’un ventricule.

 

Ils sont le calme avant la tempête,

La tempête avant la quiétude.

 

Ils sont le sens à donner,

Le cadeau à recevoir.

 

Ils sont le fruit des pensées

L’expression de l’espoir.

 

Ils sont premières déclarations,

Derniers mots.

 

Ils sont cri dans la nuit.

Et parfois lueur du jour…

 

Ces liens qui vous étouffent...

Par Flo :: 21/01/2010 à 23:43

Il est cet homme que j’attendais chaque soir en secret,

Celui pour qui je rallumais la lumière afin qu’il vienne m’embrasser.

 

Il est cet homme qui me déposait à l’école le samedi,

Celui que je remerciais de ne pas être en retard à midi.

 

Il est cet homme que j’imitais des heures durant,

Celui qui m’inspirait des clients qui ne refusaient rien à une commerciale de 7 ans.

 

Il est cet homme qui plus tard m’escortait certains midis au restaurant,

Celui avec qui je parlais de tout, de rien, avec qui j’étais juste bien.

 

Il est cet homme dont je parle secrètement avec son père,

Celui pour qui je voudrais qu’il revienne, histoire de lui secouer ses artères.

 

Il est cet homme à qui j’aurais voulu pouvoir tout dire,

Celui avec qui je ne sais plus parler.

 

Il est cet homme que je respectais un peu, beaucoup sans doute même trop.

Celui pour qui je m’appliquais, celui pour qui je ne voulais rien rater.

 

Il est cet homme perdu de vue, que je me résigne à laisser filer.

Celui dont je me sentais si proche. Celui dont je me suis tant éloignée.

 

Il est le sang qui coule dans mes veines.

Celui qui m’a appris l’angoisse, le vélo, l’ordre, le monopoly, la ponctualité et l'art du créneau.

 

Il est cet homme qui ne m’a jamais dit qu’il m’aimait.

Celui qui ne sait pas comment on fait.

 

Il est cet homme à qui je n’ai jamais dit que je l’aimais

Celui dont j’ai finalement beaucoup hérité.

 

Il est cet homme dont on me dit qu’il est fier de moi.

Celui qui croit sans doute que son jugement ne m’intéresse pas.

 

Il est cet homme qui pense certainement qu’il a fait ce qu'il devait,

Celui qui croit aujourd’hui que l’essentiel, c’est sa santé.

 

Il est solitude, mystère, silence, souffrance,

Celui dont les prunelles bleues m’ont toujours fait rêver.

 

Il est sanguin, généreux, lunatique, patience,

Celui dont je n’ose plus m’approcher, de peur d'être contaminée.

 

Il est cet homme que j’aurais finalement préféré voir partir,

Si c'était pour inventer une autre manière de vieillir.

 

Il est mon père,

Celui qui a peur de mon caractère emporté.

Celui qui pense que je n'en ai rien à cirer.

Celui dont je resterai toujours la grande gamine qu'il passait son temps à mesurer.

Celui qui n’imagine sans doute pas à quel point il peut me blesser.

Celui qu’il faudrait que j’apprenne à tuer, il paraît...

 

Paix à son âme

Par Flo :: 04/01/2010 à 23:14

J'écris, tu écris, il écrit, nous écrivons. Les paroles s'envolent, mais les écrits restent. En ce début d'année, je décide bien naïvement de me replonger dans ma prose d'il y a un an, comme cela, pour voir...pour voir et me souvenir de mes bonnes résolutions. Je fais un peu ma coquette là, car pour tout vous dire, la nature m'a dotée d'une mémoire de haute voltige et je me souviens parfaitement de mes résolutions pourries. Je m'en souviens tellement que je sais que je n'en ai tenu aucune, à part peut-être d'avoir jeté mes pantalons de pyjama "dans lesquels je me sentais si bien" aux ordures. Quelle connerie ! Pour le reste, j'ai la toquarttitude.

 

Cette année, j'ai donc décidé de ne rien me promettre, de ne m'engager auprès de qui que ce soit, de regarder le monde dans le blanc des yeux pour lui expliquer qu'en 2010 : "advienne que pourra"... C'est vrai, y'en a marre de revivre éternellement les mêmes scènes. Ma vie est comme ce film fantastique, vous savez "the neverending story", sauf que la mienne, elle n'est pas fantastique du tout : évaluer une année écoulée à la quantité de pyjamas sacrifiés, cela vous donne quand même un aperçu du désastre ! Moi, j'aime les challenges, il n'y a plus aucun doute sur le sujet !

 

Pourquoi "sans fin" ? Revenons quelques jours en arrière, vous savez quand la planète entière n'a rien de mieux à faire que d'envoyer des millions de textos. J'en reçois quelques uns comme tout le monde. La seule différence entre eux (vous ?) et moi, est que moi on me souhaite encore et toujours de la.....sérénité ! J'éspère que tu trouveras la sérénité, mieux, j'éspère que tu gagneras en sérénité, je te souhaite une année sereine, une année pleine de sérénité. La palme revient à je te souhaite, blablabla, et SURTOUT la sérénité. 

 

Commentaire numéro 1 : l'année 2009 ne m'a servi à rien puisque je n'ai toujours pas trouvé cette fameuse sérénité.

C'est vrai que pour être honnête on ne peut pas dire que ce fût un grand cru ! Une bonne vieille villageoise, un quatre étoiles, une piquette bien rapeuse tout au plus. Néanmoins, si il est désormais établi qu'elle ne restera pas dans les annales, je reste persuadée qu'en cherchant bien, je peux réussir à trouver deux ou trois trucs sympas pour l'immortaliser.

 

Commentaire numéro 2 : mes amis sont dépourvus d'originalité. Je ne leur dirai pas, bien sûr : je tiens à ma sérénité ! J'évoquais le sujet avec l'une d'entre elles hier. Pour elle, c'est parce qu'"ils me connaissent tellement bien" ! C'est pas faux. Néanmoins, si ils me connaissaient si bien que cela, ils sauraient que j'adore être surprise, étonnée, chatouillée, titillée, bousculée. Et c'est pas en me resortant la carte de voeux pourrie de l'UNICEF chaque année, qu'ils vont me coller au mur, nom de non ! 

 

Commentaire numéro 3 : est-ce que la réussite d'une vie s'évalue au degré de votre sérénité ? Si oui, je confirme que l'échec de ma vie est désormais officiellement établi. Mais, pour être honnête avec vous, je n'y crois pas. J'ai bien tenté d'être sereine une ou deux fois, à force d'en entendre parler, c'est comme les pétards, on finit par essayer. Je suis peut-être étrange, mais moi leur fameuse sérénité, elle m'ennuie. Pire, elle m'emmerde. J'ai 32 ans et l'on me souhaite chaque année une ribambelle de petites choses qui ressemblent à s'y méprendre à une éloge funèbre. Puisse-t-elle trouver la sérénité là où elle sera. Que la sérénité l'accompagne dans l'au-delà. Va, chère Flo, va chercher cette sérénité qui t'a tant fait défaut...C'est flippant vous ne trouvez pas ?

J'officialise donc dès maintenant que j'apprécie parfois le calme d'une heure, d'un instant, d'une journée...mais que mon but dans la vie n'est pas de trouver la sérénité. C'est dit !

 

Commentaire numéro 4 : imaginez deux secondes que tout ce que je viens de vous écrire est éronné. Je viens de vous mentir honteusement, je rêve secrètement de vivre en accord avec mon corps, la nature et toute cette sérénité qui nous entoure ! Eh bien, je vous annonce officiellement que la sérénité m'est interdite, alors plus la peine de vous casser avec vos bons voeux. Pourquoi ? C'est simple. Aujourd'hui, en ce jour de rentrée des classes, j'enfile ma bonne humeur et mon tailleur avant de filer au bureau. Je fais le tour des bureaux en sifflotant, (de loin on aurait dit une nana pleine de sérénité, je vous jure !), je raconte deux ou trois vannes à mes assistantes préférées, je me sers un petit café (c'est vrai que j'aurais pu prendre un petit déca' pour la sérénité, c'est mieux...axe de progrès que je m'empresse de noter), et c'est là que je la vois. Je fais appel à votre culture musicale. Du haut de ma balustrade, je dévisage une éspèce de bombasse, décrite par NTM comme étant une "gonzesse des magazines beaucoup plus bonne que la plus bonne de tes copines". Je viens de m'acheter mon premier tube de crème anti-rides, je me fais coacher "la sérénité pour les nuls" version cours du soir, je viens de me taper la finale du concours "si t'as pas ingurgité 5200 calories dans l'heure qui suit, je te déshérite ma petite chérie"...et voilà que cette "fille" débarque dans mon univers tellement serein, qu'elle choisit d'avoir 23 ans, (pas 32 non, mais bien 23 !), d'être gaulée comme une gravure de mode et de venir me faire un petit sourire vêtue d'une tenue qui ne laisse planer aucun doute sur le fait qu'elle n'a pas un gramme de cellulite : la garce !

 

Très honnêtement, j'ai des circonstances atténuantes vous ne trouvez pas ?! Ma vie, c'est un peu comme Dallas et son univers impitoyable. Je ne suis pas sereine, c'est vrai. Par contre, grâce à cette ____, je commence l'année avec 0 résolution mais avec la ferme intention de caster pour NTM, dès qu'ils auront choisi de se reformer. OK, cela me laisse une marge de sécurité ! Après tout, qui veut aller loin ménage sa monture. Cette dernière phrase ne transpire-t-elle pas la sérénité ?! Je terminerai ces quelques mots en citant, Dora l'exploratrice, grande philosophe trop peu reconnue pour son travail : "Yes, I did it !"

 

Et le vent souffle sur la cathédrale...

Par Flo :: 03/01/2010 à 0:16

Bruxelles, rue Haute, chez le chapelier

 

C'était un mercredi. Elles n'ont de cesse de me convaincre que ma tête mérite un couvre-chef, peut-être pour être "haute en forme". Elles le veulent rouge, parce que c'est ma couleur, qu'elles adorent, que "cela me va tellement bien". Moi, flattée, je me laisse convaincre. En même temps, c'est vrai qu'il est pas mal ce feutre rouge. Et puis de toutes façons, quand je marche dans la rue, je n'ai pas le privilège de passer inaperçue, alors finalement, un peu de rouge, pourquoi pas.

 

"Je vous le prends, madame."

Vous ne serez pas déçue, m'a-t-elle répondu. C'est formidable un chapeau. Le contraire aurait été étonnant, de la part de cette bruxelloise dont la cerise qui la surmonte flaire bon la virilité.

 

Je ne perds pas le Nord. Il faut dire que j'en viens.

"Vous auriez un périple à nous conseiller dans votre quartier ?"

 

Nous sommes aux Sablons, le fief des antiquaires et des brocanteurs. Elle prend beaucoup de plaisir à nous expliquer les chemins par lesquels nous nous devons de passer. Le périple s'arrêtera place de l'église, vous savez "là où est enterré Bruegel ?...A ce propos, vous saviez que les derniers touristes que j'ai guidés ignoraient qui était Bruegel ?!" - Silence. Je reprends ma Visa et la remercie. Une fois dehors, un simple regard suffit : "C'est qui Bruegel ?" ! Nos éclats de rire tentent de couvrir notre ignorance. 

 

L'air est humide. Il fait un peu froid, mais nous marchons d'un pas alerte en laissant peu de place au silence. Elle, c'est mon acolyte depuis plus de 20 ans. Aussi blonde que je suis brune. Svelte, athlétique même, drôle, souriante, coquette. Elle est cette amie qui s'enivre lorsque vous pétillez, cette oreille qui vous écoute patiemment sans vous juger, cette main qui se tend quand la vie a choisi de vous faire chavirer. On dit souvent que les véritables amis se comptent sur les doigts de la main. Elle est mon annulaire, j'imagine qu'elle comprendrait pourquoi.

 

Dans ce quartier, tel cette ville, où ne se mélangent que des objets et des styles hétéroclites, nous tombons sur cette galerie, un endroit que je n'oublierai pas. D'abord pour ses photos. Noires. Blanches. Petites. Grandes. Vivantes. Dépaysantes. Captivantes. Hypnotisantes. Emouvantes. Très émouvantes. Et puis pour son galeriste, photographe de son métier. Lorsque nous franchissons le seuil de sa caverne - la sienne - il nous accueille avec son sourire presque timide et ses yeux bleus. Nous déambulons chacune à notre rythme, attirées par des clichés, parfois les mêmes, parfois différents. Lorsque nous nous retrouvons en haut des trois marches qui mènent à la seconde salle, je lui glisse que j'aime beaucoup. Elle me confirme qu'elle aussi.

 

Quelques heures plus tôt, nous étions au musée du Palais Royal, un endroit que j'ai détesté, parce que nous étions obligés de payer, visiter, regarder, écouter, nous intéresser, essayer de décrypter un art qui pour être honnête me dépasse le plus souvent. Je ne sais pas faire semblant d'aimer.  Mais là, c'est différent. Un instant de vie comme je les apprécie. Un instant de vie pas prévu, riche et pourtant tellement gratuit. L'art, pour moi, c'est cela. Ce sont des rencontres improbables avec l'artiste du coin de la rue. C'est lorsqu'une œuvre, quelle qu'elle soit vous parle, vous écoute, vous apaise, vous transporte dans mille endroits. Et puis, c'est cet artiste et ses yeux bleus, timide, presque gêné d'être là.

 

J'ai envie de partager avec lui mon enthousiasme. A défaut de lui acheter sa galerie, ce sera au moins cela. J'improvise un pathétique "C'est vraiment chouette ce que vous faites." Aussitôt mes tristes mots sortis, je sais que je ne pourrai plus les rattraper. Je tente quand même de les améliorer, il n'y a pas de limites au progrès. "C'est beau. C'est beau et très touchant." Je m'arrête, je suis sèche comme quand je m'emporte à vouloir parler du Vin. Je croise son regard doux et engageant. Ses joues rougissent lorsqu'il me gratifie d'un discret mais sincère "Merci". Finalement, il ne lui en fallait pas plus. Moi, j'aurais voulu prendre le temps de lui expliquer qu'il était mon petit bonheur de la journée.

Trop tard. Il faudra y retourner...

 

 

Dans les méandres du labyrinthe, je me suis assise et je l'ai écouté

Par Flo :: 29/12/2009 à 22:41

C'est simple, tu verras.

Tu prendras à gauche, deux fois à droite,

Tu traverses la voie ferrée.

Tu passes sous un tunnel. Evite le cul de sac.

Et puis voilà, tu y seras !

Si jamais tu te perds,

Ecoute ton coeur, il te guidera.

 

Mon coeur ?!

Cette raclure, cette enflure, ce traître.

Il me chante la vie en rose,

Mais ne cherche qu'à me violer.

Violer mes pensées, ma luxure, mon âme.

L'écouter, c'est se perdre de manière assurée.

Je préfère prendre mon GPS.

La technologie a ses défaillances que je peux tolérer.

 

Apprend à lire une carte alors,

Les flèches, les panneaux,

Et puis, pense à t'acheter une boussole.

On ne sait jamais.

Le monde est plein d'indices qu'il faut savoir trouver.

Au pire, tu t'arrêtes et tu demandes à quelqu'un de te guider.

Il y a toujours quelqu'un pour t'indiquer où tu dois aller.

 

Tu es en train de me demander de faire confiance, là ?

Apprend que je suis cernée par des mains qui veulent m'offrir leurs bras.

Des êtres qui m'expliquent qu'il faut traiter le mal par le mâle.

Des âmes errantes qui ne savent même pas quelle est leur direction, leur voie.

Alors comment faire confiance à ce monde là ?

Comment ? Je ne sais pas.

Ma direction, c'est moi.

 

Tu confonds trop souvent ta liberté et ton indépendance.

Se perdre permet parfois de prendre le temps de se trouver.

Demander de l'aide permet parfois simplement de savoir où l'on est.

Ta direction, c'est toi, c'est vrai.
Mais pour atteindre ton point B,

Faut-il encore que tu saches où se trouve ton point A.

 

C'est la ligne droite,

Le chemin le plus court entre deux points !

Tu es d'accord avec cela.

Tu sais aussi que la vie n'est pas une ligne droite.

Alors quoi, il faut prendre le temps d'arriver ?

Faire du tourisme peut-être !

 

Et pourquoi pas ?

Pourquoi es-tu toujours si pressée d'arriver ?

Combien de cul de sac as-tu déjà visité ?

Quelles sont les impasses dans lesquelles tu as aimé traîner ?

Quelle est la dernière fois où tu as pris le temps de flâner ? 

Et puis, qu'est-ce que tu feras, une fois que tu seras arrivée ?

 

Tu me fais chier avec tes questions.

J'ai essayé de me laisser guider.

T'as pas le droit d'en douter.

J'ai écouté mon coeur, plusieurs fois.

Mais ce con, il s'est pris pour "passe-partout",

Et je me suis retrouvée enfermée.

 

T'es claustro maintenant ? Intéressant.

Moi, je veux juste que tu gardes deux idées.
La première,

C'est que tu observes simplement le chemin parcouru

Depuis que tu as démarré.

Et que tu apprécies,

Tout ceux que tu as croisés, tout ce que tu as appris.

 

Tu m'avais dit deux idées, non ?!

 

T'es insupportable.

L'impatience, c'est ton métier ?

Et la seconde, donc,

C'est que tu finiras toujours par arriver.

Aux grands espoirs, tout finit toujours par arriver.

Même aux grands espoirs pressés...

Un jour, tu verras : tu y seras !

Alors, tu te souviendras de moi.

 

C'est par l'idéal qu'on existe...

Par Flo :: 27/12/2009 à 23:32

Jusqu'alors nous passions la même soirée. Lorsqu'il perdit l'équilibre, je vis dans son regard tout ce qu'il essayait de cacher. Il choisit de se replier à quelques mètres de là. Je l'observe toujours lorsqu'il s'écroule sur sa chaise, soupire, lève les yeux au ciel. Je ne peux plus rester là. Je me saisis de mon alibi, mes cigarettes et je le rejoins. Lorsque je rentre dans son périmètre, il m'accueille avec un presque "fous moi la paix, s'te plait !". Et puis, il baisse la garde, rapidement, l'ivresse de l'instant ? L'ivresse tout court finalement !

 

Derrière son arrogance et ses cheveux courts, il est mon effet papillon. J'ai tenté de lui expliquer un jour, de m'excuser de l'avoir pris en otage d'une histoire qui n'était pas la sienne. Il n'a pas bronché. Il m'a ri au nez. Il m'a fait pleurer, moi qui espérais l'impressionner avec ma baguette magique, mes tours de passe-passe et mon balai. Quand je le regarde, je me sens coupable. De cette culpabilité vicieuse contre laquelle vous ne pouvez rien. Elle est là, c'est tout. Et vous, vous ne pensez qu'à vous en débarasser, en vain. Je me sens mal, assise, en face de lui. Je me sens responsable aussi.

 

Pourtant, je pensais avoir trouvé la solution cette fois. Quelques heures auparavant, j'avais glissé mon coeur dans un joli paquet déposé délicatement sous le sapin avec ces quelques mots :

 

Cher Père Noël,

 

des clémentines ou du chocolat me semblent bien banals pour quelqu'un comme toi. Alors cette année, j'ai décidé de t'offrir mon coeur afin que tu le conserves précieusement chez toi, là où il fait bien froid. Il est un peu abîmé, c'est vrai, mais il fonctionne bien, je te le promets. Il me faisait mal assez souvent, me gênait même parfois. Sans doute qu'il était un peu petit pour moi. Fais en bonne usage, au pire tu peux l'offrir à quelqu'un. Moi, je crois que j'en ai plus besoin !

 

Amitiés

 

Flo

 

Le lendemain matin, mon coeur était toujours là. Sur ma missive, il avait simplement rajouté : "Dis donc, mon coeur, tu crois pas que tu vas t'en sortir comme cela !". En fait, pour tout te dire, je l'espérais ! Il n'y pas un truc qui s'appelle la magie de Noël qui aurait dû fonctionner ? Merde, mon plan était parfait !

 

Passons et revenons-en à nos moutons. J'attaque ma deuxième cigarette quand il prend la main. A ma grande surprise, il m'envoie une fleur et puis finalement m'offre carrément le bouquet. A l'instant où il me parle, je ne peux m'empêcher de penser qu'alors qu'il pense m'offrir pétales et parfums, ce sont les épines dont je me saisis à pleines mains. Je ne sais plus vraiment ce que je lui ai dit. Je ne sais même pas si j'ai vraiment parlé d'ailleurs. Je me rappelle simplement avoir tenté de lui expliquer que je m'attachais à saisir les petits bonheurs, cette soirée par exemple, et à profiter de mes enfants. Je sais tout ce qu'il pense. Je sais pourquoi il le pense. Et je ne peux pas lutter face à sa vérité. A quoi bon, je ne fais pas le poids.

 

Avant de quitter la pièce, il me jette simplement quelques mots m'expliquant que les femmes comme moi, cela n'existe* pas. Voilà comment j'ai appris que j'étais une illusion, un mirage, un leurre, une vue de l'esprit, une chimère, une hallucination, une sorte d'arnaque pour les gogos ! Ses douceurs ciselées telle sa maladresse, m'amusent autant qu'elles m'égratignent. Il faudra vraiment que j'apprenne un jour à cesser de vouloir bloquer toutes les balles. Il faudra peut-être aussi que j'apprenne à faire des passes. C'est peut-être toutes les régles finalement qu'il faudrait m'enseigner...pour que je puisse enfin exister* !

Un mirage, vous croyez ? Un miracle serait plus adapté !

 

* L'homme n'est rien d'autre que son projet, il n'existe que dans la mesure où il se réalise, il n'est donc rien d'autre que l'ensemble de ses actes, rien d'autre que sa vie.

Sartre, Existent.

 

La vie m’a dit…vos lèvres

Par Flo :: 22/12/2009 à 13:46

Elles s’agitent comme elles vous touchent,

Pleine d’assurance et de convictions.

Sèment l’univers de mille idées, mille mots,

Vos doutes, vos croyances et vos questions.

 

Elles ne se confondent jamais en excuses,

Leur préférant souvent le baiser.

Vous donnent envie de les déguster.

Précieux sortilège dont mes rêves abusent.

 

Sensuelles, sexuelles même parfois,

Elles réveillent les sens à force de leurs caresses.

Gourmandes, voraces, délicieuses,

Elles sont ma Bible, mon Coran, ma foi.

 

Esquissant telle une aquarelle, un sourire,

Porte-voix de mon bonheur.

Soufflent sa voix, ses humeurs,

Et pouvoir vivre de ses rires.

 

Douces et langoureuses,

Elles dansent et me rongent l’esprit.

Nourrissent mes envies,

Hypnotisent mes sens. Violeuses.

 

Chaudes et directives,

Pleines et addictives,

Mordantes et puériles,

Hésitantes et fragiles.

 

Quand deux âmes se rencontrent sur les lèvres,

D’un baiser éternel, elles vont se marquer.

Quand deux âmes s’enivrent de ce rendez-vous charnel,

Que peut-il encore leur arriver ?

 

La vie m'a dit...vos yeux

Par Flo :: 20/12/2009 à 0:57

J'aurais aimé lire dans vos yeux

Tout ce que vous ne savez pas.

J'aurais fait de vous un bienheureux,

Celui que jalouse les envieux,

Celui contre qui les principes ne font pas le poids.

 

J'aurais aimé deviner dans vos yeux,

Tout ce qui vous bouleverse.

J'aurais seché vos larmes,

J'aurais défié tout ce qui vous désarme,

Vos turpitudes averses.

 

J'aurais aimé faire de vos yeux,

Une fenêtre sur ma couche.

Ouverte sur le royaume du plaisir,

L'Eden du désir,

Cette envie insolente que je vous touche.

 

J'aurais aimé plonger dans vos yeux,

Me noyer dans vos iris.

Pétillantes, elles ne fêteraient que moi,

Provocantes, elles s'habilleraient de soie,

Et me voilà esclave de deux prunelles couleurs de Lys.

 

J'aurais aimé vous crever les yeux,

Pour mieux vous asservir à mon être.

J'aurais glissé ma main dans la vôtre,

Vous aurez ouvert toutes les portes,

Serais devenue votre halo, l'étincelle de vos promesses.

 

J'aurais aimé saisir votre regard,

L'accrocher pour ne plus jamais le lâcher.

Le planter devant mon coeur,

Faire de ce tête à tête, un catalyseur.

Simple coup d'oeil pour vous hypnotiser.

 

J'aurais aimé que vous me regardiez dans les yeux,

Juste une fois pour que je sache.

Quelques secondes, me lire dans vos lucarnes,

Juste savoir ce que c'est d'exister.

Vous sourire combien je peux vous aimer. 

 

J'aurais aimé vous savoir amoureux de mes yeux,

Devenir la prunelle de votre vie.

Je les aurais drapés de tendresse,

De dentelles et de caresses,

Et chasser la tristesse de vos nuits.

 

J'aurais aimé que vos yeux reflètent toutes mes envies.

 

Il n'y pas de limites au bonheur non plus !

Par Flo :: 16/12/2009 à 22:41

"Nous ne sommes jamais aussi mal protégés contre la souffrance que lorsque nous aimons."

Sigmund Freud

 

Un jour, c'était en février, j'ai aimé un homme. Je l'ai aimé de cet amour déraisonnable qui vous habite tout le corps, qui fait de vous un prolongement de lui. Je l'ai aimé sans conditions, sans protection, je voulais simplement être avec lui, être à lui, rassembler en mon être toutes les femmes de sa vie. Le jour où il est parti, j'avais 22 printemps à peine, j'ai cru que ma vie s'arrêterait ici. Comment pouvais-je imaginer de poursuivre ma vie. Ma vie, c'était lui. Alors, j'ai eu mal. Mal au coeur bien sûr, mais cela ne m'a pas suffit. J'ai éprouvé le besoin de souffrir physiquement, croyant sans doute qu'il me fallait en passer par là, que la punition de me quitter ne suffisait pas. J'ai cessé de me nourrir. J'ai cessé de rire. J'ai cessé d'espérer. J'ai pleuré à en perdre mes yeux. J'ai imploré le ciel de m'expliquer pourquoi. Je me suis refugiée dans la solitude, le mutisme, la paralysie affective. J'ai respiré toute la nicotine que je trouvais sur ma route, et je m'astreignais à le garder, lui, dans mon esprit à chaque seconde. Ma souffrance était sans limites. J'étais convaincue que ce chemin de croix, je devais en passer par là.

 

Et puis, un jour j'ai décidé que j'avais assez souffert. Alors, je n'ai cessé d'accumuler les erreurs de jugement, d'interprétation, d'actions, me réfugiant dans la facilité, la sécurité, tout ce qui pourrait m'épargner. Je ne souffrais plus. Anesthesiée, j'étais tel un zombie qui traverse la vie. Il faut être honnête, je ne vivais pas vraiment non plus.

Quelques années plus tard, cet homme a saisi son téléphone, une envie incontrôlable de savoir comment j'allais. Après des heures de conversation, lui comme moi sommes arrivés à l'inévitable conclusion : nous ne nous étions jamais vraiment quittés. Rien n'avait changé. En fait si, j'étais mariée depuis quelques jours à peine et lui tel Lupin, est reparti sur la pointe des pieds en me rappelant tout ce que je ne devais jamais oublier.

 

Pourquoi je vous parle de cela aujourd'hui ? Sans doute parce que je cohabite avec quelques idées. De celles qui vous expliquent en résumé que même si aimer, c'est prendre le risque de souffrir, aimer n'est pas souffrir. Et cela, il m'a fallu du temps pour le comprendre.

Depuis, je rêve d'un être qui vous aime suffisamment pour accepter le fait de ne pas être celui qui vous rendra heureux (se). Conscient de ses chaînes et de ses limites, il vous regarderait un beau matin dans le blanc des yeux et vous confierait qu'il vous aime tellement qu'il vous quitte...parce que c'est mieux. Epris de vous, il ne supporterait plus l'idée d'être la cause de votre désarroi et de votre malheur, alors il s'en irait simplement, doucement, courageusement. Je rêve d'un être qui ne supporterait pas de vous faire souffrir.

 

Quand l'amour n'est plus que souffrance, il faut savoir couper plutôt que déchirer, torturer, aliéner l'autre à soi. La vraie noblesse du sentiment, elle est là. L'intelligence émotionnelle dont on nous parle tant, c'est cela : mettre son intelligence, son esprit d'analyse, sa raison au service de ses sentiments, et pas l'inverse.

 

Je t'aime tellement que je te quitte. Je refuse d'être la cause de tes souffrances. Je suis conscient que je ne porte pas ton bonheur. Je préfère te savoir heureux sans moi, que malheureux avec moi. Je ne suis pas le résultat de ton équation. Je ne saurai jamais te donner ce que tu attends de moi...Il y a mille manières de le dire, alors pourquoi ? 

 

Est-ce que finalement l'amour, le vrai, n'est pas simplement la capacité d'un être à faire du bonheur de l'autre sa priorité, quelqu'en soit le prix à payer ? Vous avez sans doute lu comme moi "Il n'y a pas d'amour heureux". Bordel de merde, moi j'y crois !

 

Il y a une question...

Par Flo :: 14/12/2009 à 20:02

« La déception, le désarroi ou peut-être même la colère que vous devez ressentir en entamant la lecture de ce message accompagnent votre transition vers une nouvelle dimension de votre ère, un être qui n’a plus besoin de moi pour continuer son évolution.

En prenant la décision de venir aujourd’hui, vous avez accompli un apprentissage majeur pour vous, en développant une capacité qui vous faisait cruellement défaut à ce jour : la capacité de faire un choix qui vous coûte, et donc de renoncer à quelque chose, autrement dit de faire des sacrifices pour avancer sur votre voie. C’est désormais acquis, le dernier obstacle à votre épanouissement ayant ainsi volé en éclats. Vous disposez maintenant d’une force qui vous accompagnera toute votre vie. Le chemin qui mène au bonheur demande parfois de renoncer à la facilité, pour suivre les exigences de sa volonté au plus profond de soi. Bonne route.* »

 


 

Il y a quelques mois. Allongée sur le lit de cette suite royale un peu passée, je cherche une clé à tourner, du sens à donner. En parcourant un magazine qu’elle avait laissé trainer, je tombe sur un filet qui me parle d’un livre que je ne peux décemment pas louper*.   

 

Je ne crois pas au hasard. Je suis convaincue que tout est écrit quelque part, qu’il suffit simplement de chercher. Ce livre ne se résume pas vraiment, il se lit évidemment.

 

Ce livre, c’est une avalanche d’idées simples pour petits êtres perdus.

Ce livre, c’est de l’arnica pour esprits rebelles et torturés.

Ce livre, c’est un concentré de maturité pour jeunes biches égarées.

Ce livre, je l’ai vraiment aimé et je voulais vous le faire partager.

 

Il y a quelques semaines. Assise sur un fauteuil plus joli que confortable, il m’offre cette idée toute simple, que si l’on ne peut aimer l’humanité dans sa globalité, il faut l’aimer en particulier. Je suis rapidement tombée amoureuse de cette idée. Je l’ai pliée, rangée en bonne place, et j’en arrose mon univers, mon humanité en particulier, celle qui me fait vibrer, me bouscule, me donne envie de me dépasser, ne me laisse jamais tomber. J’ai souvent du mal à lui dire, c’est vrai, lui écrire me semble moins compliqué.

 

Je ne crois pas au hasard. Je suis convaincue que tout est pensé quelque part, qu’il suffit simplement d’écouter. Cette idée ne s’explique pas vraiment, elle vous accroche…ou non.

 

Cette idée, c’est simplement de l’espoir pour ceux qui l’ont égaré.

Cette idée, c’est baisser la garde et accepter d’être touché.

Cette idée, c’est se laisser pénétrer par gestes doux et instants précieux.

Cette idée, je l’ai vraiment aimée et je voulais remercier celui qui me l’a suggérée.

 

Il y a quelques jours. En tailleur sur mon canapé, j’écoute cette voix dans la pénombre qui me tapisse l’esprit de philosophie orientale, qui m’explique doucement que je suis un phénix, et moi j’adore cette idée. L’orient, j’y passe mes vacances, mais c’est bien en occident que je suis née, que je travaille, que j’ai appris à raisonner, à fonctionner, à exister. Pourtant, mon esprit souvent obtus comprend tout ce qu’elle m’explique, fait ouvertement la manche, crie famine voudrait se sentir rassasié. Elle poursuit, m’explique tout ce que je suis, tout ce que je ne serai jamais et, bizarrement, je me sens soulagée.

 

Je ne crois pas au hasard. Je suis convaincue que tout est possible quelque part, qu’il suffit simplement de le trouver, de se trouver. Cette philosophie ne s’explique pas vraiment, elle se vit même si cela fait parfois mal en dedans.

 

Cette philosophie, c’est se délecter du 180°.

Cette philosophie, c’est accepter que les autres puissent aussi être le paradis.

Cette philosophie, c’est se dire que l’on peut se mélanger sans pour autant se délayer.

Cette philosophie, je l’ai vraiment aimée et je voudrais croire que je ne vais pas l’oublier.

 

 

* L’homme qui voulait être heureux. Laurent Gounelle

 

Sept, c’est tout !

Par Flo :: 10/12/2009 à 20:33

Et pourquoi pas 8, d’abord ?! Bon allons-y pour 7, après on verra…

 

Sollicitée je suis (par LUI), et par 7 vérités je répondrai. Je tiens quand même à préciser que des vérités, il y en a plein mon blog…on ne les compte plus par dizaines, mais bien par milliers…Mais bon, je vais tenter d’en trouver 7 de plus. Après tout, les vérités sont changeantes alors je devrai pouvoir me renouveler. Let’s go !

 

Numéro 1 (là, je vous montre mon pouce car c’est de lui dont je vais vous parler !) :

J’ai sucé mon pouce jusqu’à l’âge de 15 ans. Mes parents atterraient par cette addiction ont longtemps tenté de m’en dissuader à grands coups de douceurs, de menaces, de remarques, de produits chimiques…mais rien n’y a fait ! Mon pouce, il me calmait le soir dans le noir, je me l’enfourchais avant de m’endormir ou quand j’étais en train de bouquiner. Si l’on se réfère aux grands ouvrages décryptant le comportement des êtres humains que nous sommes, il paraît qu’il y a une histoire « d’affect » là-dedans ! Peu importe…un jour, j’ai arrêté parce que je l’avais décidé ou plus précisément parce que j’ai définitivement perdu le morceau de couverture que je nichais entre mon pouce et mon nez et qui sentait bon le…le quoi ? Je ne sais pas, à dire vrai…Bref, j’ai arrêté du jour au lendemain et je tiens à rétablir une vérité aux parents désœuvrés : ce n’est pas parce que tu suces ton pouce pendant de longues années, que tu financeras la retraite de l’orthodontiste local. Mes dents ont toujours été plus qu’alignées et je ne présente aucun signe de zozottement….pour le moment !

 

Numéro 2 :

2 comme deux enfants, deux garçons, deux petits monstres, deux fils, les miens ! Je suis souvent en admiration devant ceux qui dédient des textes à leurs enfants. Moi, ma plume est souvent coincée. Je me suis interrogée, essayée de comprendre pourquoi je ne savais vous parler d’eux, vraiment d’eux. Je crois simplement que je voudrais savoir leur écrire un texte extraordinaire, qu’ils me réclameraient tous les soirs avant de les coucher, un truc qui parlerait de tout ce qu’ils savent me donner, qui les ferait rire et qui me donnerait envie de pleurer. La seule chose que je peux vous dire pour l’heure, c’est que j’aime mes fils, les cernes et les sourires dont ils ont tapissé ma vie…tant et si bien en ce moment que j’aurais presque envie d’en refaire un troisième : hallucinant !

 

Numéro 3 :

Trois cela rime avec … ??? Toranaga ! Là, vous me dites : « Mais, qu’est-ce que c’est que ce truc là ? ». Ni plus, ni moins, que le surnom dont m’avait affublé mon père à l’époque de mes 7 ans. Grande admiratrice de Richard Chamberlain et de la série Shogun (je m’adresse à un public d’initiés), je me déguisais régulièrement en ninja prête à combattre aux quatre coins de la maison. Résultat : Toranaga ! C’est classe, vous ne trouvez pas ? Le vrai drame dans toute cette sordide histoire, c’est que 25 années ont passé et que cela le reprend parfois : me revoilà, Toranaga !

 

Numéro 4 :

Tout le monde a ses faiblesses. Moi, ce sont les cordes vocales. Présidente du fan-club de la trachéite, j’ai suivi de nombreux traitements pour essayer de m’aider à les muscler…un échec complet ! Au fil de mes journées, je me perche dans les aigus telle Céline Dion, avant de sombrer dans les graves et parfois : je casse la machine. Sensibles, elles le sont. Martyrisées, aussi. Je parle beaucoup, je parle fort…certains pourraient même dire que je suis soulante… si ils étaient encore de ce monde !  

 

Numéro 5 :

Grande fan de la chaussure…je ne vous donnerai qu’un seul chiffre : 43. Cela n’est pas ma pointure, mais bien le nombre de paires de chaussures qui sont hébergées chez moi !

 

Numéro 6 :

J’ai sauté en parachute il y a quelques mois. Pourquoi je vous parle de cela ? Simplement parce que j’ai récemment regardé mon saut en vidéo et depuis je ne cesse de me demander comment j’ai pu faire le « grand saut » alors que les « petits sauts » semblent complètement hors de ma portée !

Néanmoins, 4200 mètres : c’est officiellement tripant !

 

Numéro 7 :

Je fume. D’abord un peu, et puis finalement beaucoup ! Un jour, j’arrêterai…il paraît !

 

.../...

 

Cette mission, puisque je l’ai acceptée, s’achève sur ce nuage de fumée.

7, c’était tout, c’est bien cela ?! Au fait : qu'est-ce que je gagne ???!

 

P.S : Finalement, toutes les vérités sont bonnes à dire ou pas ?!

                                                                                     

P.S 2 : Une dernière pour la route (c'est qu'on y prend goût finalement à ce truc !)...je vous laisse avec ma musique préférée de "quand j'étais adolescente boutonneuse"...Je vous épargne ma choré' de l'époque, mais je vous confie quand même que certains tueraient, vendraient père et mère, se prostitueraient même pour me voir onduler...Rassurez-moi, on a encore le droit d'être con ?!

 

A love so beautiful !

Par Flo :: 07/12/2009 à 0:41

Tout a commencé un matin alors que je me baladais dans mes pensées.

 

Il débarque. Je ne l’avais pas vraiment invité. Je l’écoute d’une oreille distraite, vaguement intéressée. Il m’a fallu quelques secondes pour sortir de mes songes et prêter attention à tout ce qu’il me racontait. Je lui demande de monter le volume, d’articuler plutôt que de pousser sur ses cordes, d’arrêter de s’obstiner à me parler en anglais. Il refuse de m’écouter, il continue son monologue cherchant à me convaincre de ses grandes théories…Tel un slogan, il ne cessait de marteler que l’amour, c’est magnifique, enfin « Love is so beautiful » serait plus approprié.

 

C’est étrange, quand il vous parle, c’est comme si mille violons se mettaient à jouer pour l’accompagner. Magnétiseur, il joue de sa voix pour vous ensorceler. Il répète encore et encore toutes ses théories alambiquées, son discours bien rôdé. Je comprends alors comment les gourous capturent leurs proies, surfant habilement sur les rouleaux de la fragilité. Mais moi, il ne m’aura pas…je n’essaye même pas de lui expliquer.

 

Et puis un peu plus tard, le voilà qui revient. Cette fois, je peux bien vous le dire, c’est moi qui l’ai convié. Patient et discipliné, il reprend là où tout s’était arrêté. Face à lui, je me sens partagée, divisée. Celle qui l’écoute aurait presque envie de pleurer. Pathétique. Celle qui le comprend aurait envie de le mettre dans une boîte carrée et de l’envoyer jouer ses violons là où ils ne pourront plus me martyriser. Toute sa guimauve me donne envie de gerber. Pourtant, personne ne me force à rester l’écouter.

 

Un soir, je finis par l’inviter chez moi. Il ne se fait pas prier. Il visite mon salon avant d’occuper finalement tout l’espace, de la cave au grenier. Il me parle pendant que je suis en train de cuisiner, c’est alors que je réalise qu’entre nous l’intimité s’est créée. Fidèle à ce qu’il est, il tente toujours de me convaincre, imagine sans doute qu’il est en train de gagner.

A cet instant, je ne cherche plus à le traduire, à le comprendre…ses mots me sont devenus tellement familiers, je pourrais presque les fredonner. A cet instant, il me sert de passerelle avec tout ce que je voudrais bien pouvoir oublier.

 

Je ne comprendrai jamais pourquoi il est entré dans ma vie, mais je me souviens très bien du jour où je lui ai demandé d’en sortir. Tes octaves, ton miel, tes lunettes, et ta façon de m'expliquer qu'à chaque fois que tu penses à moi, tu retombes amoureux...tu les mets dans ta petite cadillac et tu retournes vite fait sur Broadway. Il n’a pas insisté.

 

Quel connard, ce Roy Orbison !

 

La voix est un second visage

Par Flo :: 30/11/2009 à 21:37

Il y a des voix qui vous disent au revoir parce qu'elles ne savent dire adieu.

 

Il y a des voix qui trébuchent sans cesse quand il s'agit d'être sérieux.

 

Il y a des voix qui refusent l'imparfait, alors que le temps est déjà plus que passé.

 

Il y a des voix qui ont envie de vous sur un morceau de canapé, à midi ou après le goûter.

 

Il y a des voix qui vous demandent comment ça va, espérant sans doute que tout ira.

 

Il y a des voix qui se déguisent, croyant que personne ne les reconnaîtra.

 

Il y a des voix qui murmurent comme une évidence*, des mots qui blessent les petits coeurs malades.

 

Il y a des voix qui sont cassées sur le bas côté, simplement en rade.

Il y a des voix qui vous expliquent que le temps est un déchirement.

 

Il y a des voix qui vous suggèrent de ne rien étouffer en dedans.

 

Il y a des voix encore vertes qui vous déclarent l'amour comme on déclare une guerre. 

 

Il y a des voix qui sentent l'orange amère.

 

Il y a des voix qui vous regardent au fond des yeux et mentent, sans honte et sans remords.

 

Il y a des voix qui voudraient renverser votre esprit et pénétrer votre corps.

 

Il y a des voix prisonnières de leur timbre qui ne sauront jamais s'exprimer. 

 

Il y a des voix que l'on a envie d'aimer.

 

Il y a des voix qui chevrotent, pauvres biches égarées.

 

Il y a des voix que l'on voudrait capturer avant qu'elles n'aient le temps de s'envoler.

 

Il y a des voix qui vous parlent et apaisent vos nuits.

 

Il y a des voix qui jouent de leurs cordes, comme de vieilles harpies.

 

Il y a des voix que vous n'entendrez plus jamais...

 

Et puis, il y a cette voix au fond de moi qui m'explique tout ce que jamais je ne vous dirai.

 

Quand y’en a marre, y’a mastercard !

Par Flo :: 25/11/2009 à 12:13

Je vous ai sans doute déjà raconté que je préférais faire envie plus que pitié. C’est un choix de vie, une philosophie de l’instant, mon « O capitaine, mon capitaine »…Et puis, patatras, il m’a suffit d’un simple coup de fil pour comprendre que j’étais très, mais alors très mal engagée. Les regards qui se posent sur moi sont sans appel : j’attise la condescendance !

 

A l’heure où je vous parle, peut-être même qu’une association est en train de se créer, un truc avec une carte de membre qu’ils auraient baptisé « Sauvez Willy »….et Willy, c’est moi ! Pour les lecteurs un peu moins cultivés que moi (cela arrive, ne vous flagellez pas !), je rappelle que Willy est un orque ! Un dauphin passe encore (enfin, une dauphine : j’ai toujours rêvé d’être 1ère dauphine…les tunes sans les emmerdes), mais un orque ! Ma tolérance a certaines limites et je refuse de bouffer de la crevette Bouba-Gump toute ma vie : beignets de crevette, hamburger à la crevette, soupe de crevette, crevette sautée, crevette farcie, crevette à la plancha, gratin de crevette….AHHHHHHHHHHHH ! L’allergie me gagne, je gonfle déjà.

 

Il faut réagir ! Il me faut un plan d’actions digne de ce nom, une stratégie, des objectifs, des indicateurs de performance…un truc qui marche jamais au boulot, mais là on n’est pas au boulot, on est dans la vraie vie….et puis il y a URGENCE, comment pourrais-je vous écrire désormais si j’ai les doigts palmés ?!

 

Mon opération : Sauvez l’envie ! Bah oui, Renard du désert, c’était déjà pris.

Mon périmètre d’intervention : Londres, Paris et peut-être New-York aussi…

Mes accessoires : 8 sur 5, bleu ou doré, avec un Pin Code, et une fâcheuse tendance à ne rien savoir me refuser !

Ma complice : 1,70m, blonde, carburant au Café Latte et aux Marlboro light, incapable de finir son verre et Dieu sait que cela peut m’énerver depuis toutes ces années ! Je pourrais vous parler d’elle pendant des plombes mais l’objet du jour n’est pas celui-ci ! Un jour peut-être….sûrement, c’est dit !

 

A l’heure des bilans, le mien est plutôt PAS à l’équilibre. Une dizaine de robes, une dizaine de bottes, des boots, des derbies, des ballerines, des manteaux, des vestes, des jupes, des tailleurs, des jeans (bah oui, cette couleur là, je l’avais pas !), des tops, des foulards, des vêtements du dessus, des vêtements du dessous…Bref, me voilà fauchée…heureuse mais fauchée !

 

Il est grand temps pour moi de déterminer si le jeu « si t’es pas interdit bancaire avant 50 ans, t’as raté ta vie ! » valait la chandelle…

Je me lève, je me bouscule, j’ouvre les portes de ma caverne d’Ali Baba (certains appellent cela un dressing parfois !), je ne sais que choisir. Je finis pas opter pour cette petite robe, celle qui cultive un rapport quantité de tissu/prix pour le moins discutable. Je l’enfile, je l’assortis d’une paire de bottes, d’un regard smokey circonstancié et de cheveux dénoués…

De loin, je suis un croisement de Madame Peel et de James Bond Girl de retour de mission. De près ? Je sais pas trop pour l’heure, je m’en vais vérifier…Mon laboratoire n’est plus très loin, encore quelques kilomètres et je saurai enfin !

 

La conclusion est sans appel….avant de déposer les statuts de votre association, va falloir trouver un autre pigeon…un autre orque plutôt !

 

J’aime ma mastercard, la vie et me sentir jolie.

J’aime entasser les tickets, porter mes paquets, et je refuse une seconde de plus de faire pitié…

J’aime être cette poupée, même si paradoxalement je déteste cela aussi…

 

Dans l’échelle de mes priorités, il est désormais établi que faire envie est plus important que faire pitié.

 

L’envie cela vous donne ce joli teint, ce regard coquin, la naïveté de croire que rien ne peut vous arrêter, et qu’un inconnu va vous offrir des fleurs même si c’est pas du Impulse que vous portez.

L’envie vous donne ces jolies ailes, celles de la confiance, ou de la grande naïveté. Celles qui vous permettent de tout envisager, tout exiger, tout rêver.

L’envie vous consume l’âme et vous donne envie de tout inventer.

L’envie vous donne le sourire au réveil…et vous empêche d’aller vous coucher.

L’envie, c’est le carburant de la vie. Le prix du baril est parfois exorbitant, c’est vrai...

 

...mais n’oubliez jamais que si il y a certaines choses qui ne s’achètent pas, pour tout le reste, il y a mastercard !

 

Et si je vous demandais de rester ?

Par Flo :: 23/11/2009 à 20:26

Il y a des gens qui partent,

D’autres qui restent.

Il y a des gens qui sonnent à la porte,

D’autres qui s’envolent par la fenêtre.

 

Hasards ou coïncidences,

Troublante évidence.

Clin d’œil de la vie,

Bouscule mon esprit.

 

Si tristes sont ces départs,

Qui vous plongent dans le noir.

Si troublantes sont ces arrivées,

Que vous n’osiez même réclamer.

 

Chassé-croisé,

Va et vient.

J’aurais aimé qu’il ne me quitte jamais,

Le voilà déjà qui revient.

 

Mon arrivée est le fruit d’un départ,

Un être que je n’ai jamais croisé.

Pourtant où que j’aille et quoi que je fasse,

On ne cesse de me rappeler que je ne sais que lui ressembler.

 

Je voudrais que la vie ne soit qu’un grand départ,

Plus qu’une petite arrivée.

Je voudrais qu’elle me laisse enfin profiter,

De celles et ceux que j’ai croisés.

 

Un autre train quittera sûrement le quai demain matin.

Qui emportera-t-il cette fois ?

Surtout, ne me le dite pas…

J’ai peur de devoir encore laisser glisser une main.

 

Si nous arrivions à faire de chaque jour un départ.

Plus besoin de se dire au revoir...

 

Première fois ?

Par Flo :: 20/11/2009 à 1:31

Voilà qu’elle m’interroge et qu’elle me demande de lui parler de ma première fois. Je ne suis du genre à me dégonfler, enfin je crois. Mais là, je dois bien reconnaître qu’il n’y a rien à en dire. Vous insistez ? Bon alors d'accord : c'était un acte chirurgical rapide et imprécis, sans doute pour cela que je n'ai jamais nourri le fantasme du docteur d'ailleurs ! Alors certes, j'aurais pu broder, réinventer, imaginer…mais la mission qu’elle m’a confié n’était pas celle-là.

 

Et puis la première fois finalement, qu’est-ce que c’est ? J’ai eu mille "première fois", vous aussi je crois ! Celle dont je préfère vous parler, c’est celle qui me vient de souvenirs stockés dans mon grenier : la première fois que je me suis surprise à aimer. Parce que finalement, l’amour, le vrai, est toujours une surprise, on ne peut, on ne doit le provoquer. Il ou elle vous tombe dessus alors que vous n’y aviez même songé.

 

Ce jour là, il est tombé du toit. C’était en soirée. Il avait décidé de monter en haut de ce bâtiment sans se faire accompagner. Il avait décidé de gravir seul son Everest en sachant déjà ce qu’il allait déclamer. Moi, j’étais en bas sur la terre ferme, les pieds ancrés dans le sol et si loin d’imaginer les cieux vers lesquels il avait décidé de m’emmener. Parce qu’il savait. Aujourd’hui, avec le recul des années, je comprends mieux que pour lui tout était prémédité. Du haut de ses tuiles, il amuse la galerie, moi compris…et puis, lui si calme et si mesuré, il se décide à accrocher mon regard en déclarant au monde entier, qu’il était tombé amoureux de la jeune fille là-bas. Je regarde à gauche, à droite, est-ce vraiment de moi dont il est en train de parler ? Mon cœur se sert, mon sang circule vite, ma respiration rencontre quelques difficultés. Il me sourit, il savait qu’il avait gagné. Il finit par descendre de son toit.

 

Quelques minutes plus tard, nous nous sommes embrassés.

Quelques jours plus tard, il m’offrait cette crêpe en forme de cœur parée de nos initiales aromatisées à la fraise.

Quelques semaines plus tard, il me serait fort, si triste de devoir me quitter.

Quelques  mois plus tard, il me quittait vraiment, il ne pouvait plus rester.

Quelques années plus tard, il me déclarait dans un dernier souffle qu’il espérait qu’il était conscient de la chance qu’il avait…

 

Ma première fois, c’est celle-là ! Pleine d’audace et de fantaisie. La mémoire de l’amour est sélective est c’est aussi bien ainsi. Elle ne vous laisse en dépôt que la douceur de vos plus beaux instants.

 

Ma première fois, c’était lui ! Capable de défier les règles établies, de vous surprendre, de faire de rien, un énorme tout, de s’amuser de la rigidité du quotidien, de vous prendre à contre-pied, de vous bousculer…

 

Ma première fois réchauffe souvent ma vie. Il aimait me raconter qu’il n’y a pas d’amour, qu’il n’y a que des preuves d’amour. Fidèle à ce qu’il me disait, le jour où il n’a plus rien eu à prouver, il s’en est allé !

 

Si je le croisais de nouveau, je lui expliquerais sans doute qu’avec le recul des années, si l’amour est une somme de preuves, c’est aussi le contact de deux corps et l’harmonie de deux âmes…

 

It is a start...

Par Flo :: 15/11/2009 à 11:04

Je me suis réveillée, j'avais 30 ans. Je vous vois venir, vous allez m'expliquer que c'est bien normal, que c'est la crise, celle dont tout le monde parle, celle qui est inscrite sur la to-do list, sur le calendrier entre acheter un chien et refaire la salle de bain. Je ne sais si il y a un phénomène planétaire qui explique ce qui se passe dans la tête des trentenaires, des quadragénaires, des quinquagénaires...Je sais simplement que parfois on ouvre les yeux, et que l'on essaye de comprendre tout ce qui a pu se passer.

 

Justement, qu'est-ce qui s'est passé ? Voilà bientôt deux ans que mon si joli décor s'agite, que mes pensées se bousculent, s'insultent même parfois déclamant sans vergogne que c'était "elle" qui était là en premier. Mes voyelles se prennent pour des consonnes, mes blanches pour des noirs, mon tempo s'accélère et ma vie est en apnée.

 

Il y a quelques jours à peine, deux amis parlent de moi, pensant sans doute que je ne les écoutais pas. Il est question de la différence, la mienne. Elle, elle me suit depuis l'aube de ma vie et déclame sans hésiter que c'est hallucinant ce que j'ai pu changer. Moi, jusqu'à présent, je le savais sans le savoir, mon cogito défrichait d'autres territoires, préférant sans doute le confort du "parler des autres". Mais il faut bien reconnaître que c'est vrai, j'ai changé...

 

 

... que ma liste des 5 personnes que j'ai rencontrées là-haut s'est allongée.

... que j'ai appris à vivre, à entretenir, à respecter, à aimer même je crois ce corps trop grand, celui que j'ai tant detesté, qui m'a rendu trop vite différente alors que j'apprenais à peine à exister, celui qui m'a fait pleurer, souffrir, celui que l'on aurait jamais dû me donner.

... que j'ai besoin de plaire, de séduire, d'être aimée plus que jamais, sans doute parce que l'amour a très longtemps été dans ma vie un sentiment dont on ne parlait pas, que l'on n'exprimait pas, un sentiment qui faisait peur en plus de faire mal...mais qu'un jour on vous apprend qu'il est si bon de se lancer.

... que j'étais recouverte de cicatrices que je m'étais dessinées, à force de vouloir me faufiler dans un espace trop étroit où régne en maître la "sécurité".

... que j'ai un vrai talent pour prendre des décisions, mais que je sais désormais que l'important n'est pas de les prendre, mais plutôt de les assumer.

... que mes régles, mes certitudes n'ont finalement eu aucun intérêt à part celui de faire de moi une autruche en campagne, une tétraplégique de l'émotion, une machine de guerre, une Sarah Connor.

...que de mon enfance, il me reste notamment ce credo paternel entendu si souvent "Florence, la vie n'est pas une ligne droite", que je sais désormais que c'est vrai, mais que ce n'était pas une raison pour rester.

...que j'ai un problème avec ma mère qui vraisemblablement en a un avec sa propre mère, qui en a elle-même eu un avec la sienne...que j'espère en secret stopper cette chaîne de la solidarité avec mes deux enfants.

...que je me suis interdit de profiter des paysages, paniquée à l'idée de perdre du temps, de ne plus savoir comment redémarrer cette machine arrêtée sur le bas côté, qu'aujourd'hui j'aime tant flâner, découvrir, visiter.

...que j'ai toujours appréhendé la vie comme un tournoi, une compétition, une chaise musicale durant lesquels l'essentiel était d'arriver le premier.

... que j'ai besoin d'être douée, indispensable, incontournable, reconnue comme telle par mes enfants, mes amis, mon patron, que cela me ronge mais que je ne sais encore comment m'en libérer.

... que j'ai fait beaucoup de choix en pensant faire plaisir à papa et maman, que le jour où j'ai arrêté de le faire, j'ai compris que l'heure n'était plus à Mardi gras, qu'il était temps d'arrêter de se déguiser en adulte, qu'il fallait le devenir tout simplement.

... que j'aime les mots depuis mon plus jeune âge, mais que certains devraient sagement restés ranger dans leur colt avec le cran de sécurité.

... que les enfants s'envoleront un jour, et que ce jour là il faut que je sois prête à l'accepter.

... que vivre dans l'ombre est dangereux pour la santé après avoir si longtemps hibernée.

... que j'ai commencé à envisager à profiter de la vie récemment et que je me demande chaque jour comment je pourrais rattraper mes 30 premières années...

 

Voilà un résumé de tout ce que j'ai appris en l'espace de quelques mois. Je sais que la vie est pleine de questions à se poser, de réponses à trouver, de personnes à croiser, de mondes à refaire, de rêves à réaliser. Je sais aussi que j'ai du mal à accepter d'être celle qui n'aurait jamais dû se trouver à cet endroit, simplement parce que ce n'était pas le bon moment.

 

Les yeux ouverts, je n'ai jamais été plus consciente que l'existence n'est pas ce que l'on a fait, mais bien le champ des possibles, tout ce qu'il nous reste à accomplir...

 

P.S : J'apprends chaque jour. Hier, j'ai découvert que "C'est déjà ca" se traduit en anglais par "It is a start"...ce qui sonne beaucoup plus "l'optimisme" d'après moi...c'est un avis !

 

Le syndrome de la mère indigne

Par Flo :: 06/11/2009 à 21:33

« On ne se doit qu'à l'enfant qu'on a été. » Alexandre Jardin 

 

Elles font la une des journaux. On ne parle plus que d’elles dans tous les médias, les journaux, les éditos : les mères indignes. Mais finalement de qui parle-t-on ? Florence, Lou, Jeanne, Elise, Kate…elles sont cette race de mères qui a aussi fait le choix d’être femmes. 

 

Comme un homme, elles bossent et gagnent leur vie.

Comme un homme, elles sont ambitieuses, délicieuses, capricieuses même parfois.

Comme un homme, elles s’assument et font leurs choix.

Comme un homme, elles aiment boire un verre, une bière, fumer des clopes ou un pétard parfois.

Comme un homme, elles aiment rire de la vie, de la tenue ridicule de cette pauvre Julie, du manque de réparties.

Comme un homme, elles aiment avoir une vie, un territoire sur lequel elles sont le plus souvent les seules à régner, au risque de parfois gêner ou bousculer.

Comme un homme, elles n’ont pas toujours le sens du sacrifice, sont parfois un peu égoïstes.

Comme un homme, elles aiment simplement jouir de la vie.

 

Voilà des siècles que l’on demande à la femme, aux femmes de plier, de souscrire, d’abonder, de se résigner, de s’oublier, de dépendre, de se sacrifier, de s’abandonner…en souriant, car sourire, c’est important !

Je lis et j’observe avec délectation que les codes changent et qu’aujourd’hui, le monde accorde à la femme un nouveau droit : celui d’être femme. Lorsque vous devenez mère, et j’en suis, il convient non seulement de briller par vos exploits, mais aussi de les faire connaître et reconnaître par votre entourage :

 

« Tu ne sais pas ce qu’il a fait mon minou, il est GE-NIAL…, J’ai testé une nouvelle recette de purée de légumes bio avec mon baby-cook, DI-VIN…, Tu ne vas pas aux bébés nageur toi, t’es BI-ZARRE ?!..., Bien sûr que j’irai à Eurodisney pour la parade de Noël, c’est E-VI-DENT enfin !..., Rendez-vous au parc ma puce, ce sera vraiment trop FUN… »

 

Et voilà qu’aujourd’hui, une poignée de femmes sort de l’anonymat et ose déclarer en place publique qu’elles ne s’ennuient pas au parc avec leurs mômes. Non. Elles se font carrément chier ! Elles ne trouvent pas le goût du brocoli discutable, mais carrément dégueu’ ! Et moi, ces femmes, je dois avouer que je les aime. Je les aime parce que comme elles, je n’ai pas envie de réduire ma vie à me faire plaisir avec des brocolis.

 

Etre femme aujourd’hui, c’est bien plus que cela, et le bonheur de nos mômes ne se mesurent pas à la quantité de pesticides qui fourmillent dans leurs jolis assiettes Pocahontas ou Buzz l’éclair, ou au nombre d’heures passées au parc d’à côté, sur un manège ou à barboter. Non, le bonheur de nos mômes s’inventent chaque jour et se partagent parfois.

 

Avant que vous appeliez la DDASS, je tiens à vous rassurer : je vais au parc ou à Eurodisney, je cuisine des légumes (pas toujours bio) que je leur sers dans leurs petites assiettes chaque jour que Dieu fait…Mais je vais vous confier une chose importante : j’aime courir et sauter dans les flaques avec mes gnomes pendus à chacune de mes mains, j’aime sauter sur le lit en écoutant Tokio Hotel à vous en faire crever les tympans, j’aime leur acheter des bonbecs et leur subtiliser tous « mes préférés », j’aime faire la course et faire semblant d’arriver en dernier, j’aime leur montrer tous les endroits où ils devraient se cacher, j’aime danser avec eux sur des rythmes endiablés, j’aime me cacher avec eux sous la couette et que l’on se raconte des secrets, j’aime quand ils me demandent d’accélérer et de doubler…et j’aime aussi me dire que maman n’est pas mon seul métier !

 

Pourquoi devrions nous renoncer, nous oublier, nous sacrifier ou faire semblant de prendre notre pied en mixant de la purée ? Diane Tell chantait en son temps : « Je suis femme et quand on est femme, on ne dit pas ces choses là. ». Eh bien ma chère Diane, il a coulé de l’eau sous les ponts depuis ta chanson.  

 

 

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